Il était déjà vendu en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, mais SpermCheck Fertilité (lire en encadré) vient de débarquer dans les pharmacies de France. Fabriqué par la société américaine Contravac (Virginie, Etats-Unis), il donne un résultat en dix minutes. Un moyen simple et rapide d'en savoir plus sur sa fertilité. 

Ce premier autotest rapide de fertilité masculine «à réaliser chez soi en toute intimité» est annoncé comme une petite révolution. Mais il ne fait pas l'unanimité chez les experts en la matière, qui préfèrent encore recommander un spermogramme [analyse du sperme en laboratoire], jugé plus fiable.

Fiable à 98%

«Mais cet autotest n'est pas là pour remplacer le spermogramme», justifie le Dr Noémie Celton, qui voit en SpermCheck «un outil de sensibilisation» pour des hommes qui sont, en effet, en cause une fois sur deux dans l'infertilité du couple. Un Dr Celton rejoint par Philippe Roussel, membre de l'association Maia de patients infertiles, qui estime SpermCheck «est un bon début» pour aider les hommes à affronter «cette dure réalité de l'infertilité» et les aider à prendre le chemin de la consultation.

Le test, qui dispose du marquage CE requis en Europe, «est fiable à 98%», assure, de son côté, Fabien Larue, directeur de la société AAZ, distributeur du produit, précisant que cette fiabilité a été évaluée par un laboratoire d'assistance médicale à la procréation (AMP/PMA) agréé parisien, et, qu'aux Etats-Unis, il a reçu l'agrément des autorités sanitaires (FDA).

Mieux vaut faire une analyse complète

Reste que la notice, elle-même, prévient qu'un résultat normal ne peut pas à lui seul prouver la fertilité de l'utilisateur, surtout lorsque le couple essaie d'avoir un enfant sans succès depuis plus d'un an. Pourquoi ? Parce que le nombre de spermatozoïdes n'est pas le seul critère de fertilité [la mobilité et le nombre de formes anormales sont à prendre en compte].

Ainsi, dubitatif, le Pr Louis Bujan, spécialiste de la reproduction oeuvrant au CHU Toulouse, préfère conseiller à l'homme «de consulter et de faire une analyse du sperme complète». Une vérification qui, selon lui, permettra, au besoin, de «savoir quelle est la nature du problème et d'en rechercher la cause». 

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De toute façon «quitte à se masturber pour faire un test, autant aller directement en faire un spermogramme, remboursé, en laboratoire», lâche le Pr Stéphane Droupy, urologue au CHU de Nîmes, pas convaincu de l'intérêt de l'autotest. Utile ou non, SpermCheck Fertilité, sera, selon Fabien Larue, commercialisé «courant 2015 en Afrique francophone et au Maghreb».

L'autotest est vendu entre 35 et 39 euros et n'est pas remboursé. Il mesure la concentration de spermatozoïdes par millilitre et indique si elle est faible ou normale. Ainsi, un résultat positif correspond à au moins 15 millions de spermatozoïdes/ml et se traduit par deux barres rouges. Sinon, quand la concentration est «faible», une seule barre s'affiche. L'utilisateur doit mélanger son sperme à une solution spéciale. Il place ensuite six gouttes du liquide sur le lecteur, qui recherche une protéine du sperme (dite «SP10»). Le résultat doit être lu exactement après sept minutes. Donc, mieux vaut avoir une montre ou un chronomètre sous la main avant de se lancer dans le test, sous peine sinon d'obtenir un résultat erroné.

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