Epilepsie: Comment soigner la maladie

SANTÉ A l'occasion ce lundi de la Journée internationale de l'épilepsie, «20 Minutes» fait le point sur les méthodes de traitements de cette pathologie...

Anissa Boumediene

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Illustration d'un électroencéphalogramme, un examen qui fait partie des tests de dépistage de l'épilepsie.

Illustration d'un électroencéphalogramme, un examen qui fait partie des tests de dépistage de l'épilepsie. — JOHN MACDOUGALL / AFP

Méconnue du grand public, l'épilepsie touche plus de 50 millions de personnes à travers le monde. En France, pas moins de 600.000 personnes vivent avec la maladie, et la moitié d'entre elles a moins de 20 ans. A l'occasion de la Journée internationale de l'épilepsie20 Minutes se penche sur les différentes prises en charge qui sont proposées aux malades.

L’épilepsie, c’est quoi?

C'est une affection chronique du cerveau qui se traduit par la répétition spontanée de crises, et «bien que l’on parle de l’épilepsie, il y a en réalité des dizaines d’épilepsies, avec des pathologies complexes», explique le Dr Mihaela Vlaicu, neurologue-épileptologue à la Pitié-Salpêtrière. Dans l’imaginaire commun, un épileptique c’est quelqu’un qui brusquement chute, perd connaissance et se met à convulser violemment. Oui mais pas que. Il y a aussi ceux qui souffrent d’absences et qui, les yeux dans le vague, n’entendent et ne voient plus rien pendant plusieurs secondes. Une pathologie qui survient plutôt chez l’enfant. En parallèle à ces épilepsies «généralisées», il y a les «épilepsies partielles», qui se manifestent par des mouvements involontaires, des troubles du langage ou de la confusion. 

«Ce qui est difficile, et pourtant primordial, c'est de poser le diagnostic au plus vite et de trouver le traitement adéquat. Dès qu'on laisse le patient "criser", la maladie empire. Un traitement inadapté ou tardif peut aggraver l'épilepsie», avertit l'épileptologue.

Les médicaments sont-ils efficaces?

Le plus souvent les crises sont soignées au moyen d’antiépileptiques, mais ce traitement ne fonctionne pas sur tout le monde. Lorsque les crises d'épilepsie persistent, ou que les effets secondaires sont trop lourds pour continuer le traitement, on parle d'épilepsie pharmaco-résistante. Un phénomène qui touche un tiers des 600.000 épileptiques de France.

«Grâce aux médicaments, les crises peuvent être moins fréquentes et moins intenses, mais à partir du moment où lls crises ne sont pas enrayées, on parle de pharmaco-résistance», précise le Dr Vlaicu. Du côté de l'association Epilepsie-France, on milite pour «faire connaître aux patients l'existence d'alternatives». «Certains médicaments vous transforment presque en légume, tant ils vous rendent lents et somnolents», déplorent Laïla Ahddar et Patrick Baudru, présidente et administrateur de l'association, tous deux épileptiques.

L’épilepsie est-elle opérable?

«D'autres solutions existent, mais les patients ne les connaissent pas, parce qu'elles ne sont pas assez démocratisées», regrette Laïla Ahddar, qui aimerait «que davantage de médecins les proposent à leurs patients». Parmi elles, la chirurgie, qui consiste à opérer la région du cerveau responsable de l'épilepsie, généralement située dans le lobe temporal. Proposée après une sérieuse batterie de tests, elle s'adresse à certains patients, à condition qu'elle ne concerne pas une région du cerveau commandant des fonctions importantes (langage, motricité, etc.). Une opération qui fait souvent peur aux patients.

Assez peu pratiquée, «la stimulation du nerf vague, situé le long du cou, offre de bons résultats. L'intervention est légère et rapide: deux micro-électrodes sont placées sur ce nerf et sont reliées à un générateur sous-cutané. Une sorte de pacemaker qui envoie des impulsions au nerf. Même les enfants peuvent en bénéficier», expose l'épileptologue. Un système qui peut même être directement enclenché par le patient lorsqu'il sent venir une crise. La stimulation cérébrale profonde, elle, est similaire, mais l'électrode est ici placée directement dans le cerveau.

«Ces traitements par stimulation sont des adjuvants, ils ne suffisent pas à eux seuls et doivent être complétés par des antiépileptiques, indique le Dr Vlaicu. Mais ils permettent de réduire jusqu'à 50% la fréquence et l'intensité des crises».

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