Mark Kendall a mis au point le Nanopatch, une technique de vaccination sans aiguille.
Mark Kendall a mis au point le Nanopatch, une technique de vaccination sans aiguille. - Vaxxas

Les essais cliniques commencent à peine, mais sa technologie a déjà conquis l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Mark Kendall, bio-ingénieur australien, a mis au point le Nanopatch. Un petit carré d’environ 1 cm2, enrobé d'un vaccin séché (antigène) injecté dans la peau à l’aide de 20.000 nano-aiguilles. Une technique de vaccination sans aiguille qui a obtenu le prestigieux Prix Rolex en 2012 et qui pourrait bien signer la fin des campagnes de vaccination à la seringue, coûteuses, longues et nécessitant des moyens de conservation sous réfrigération.

 

Car les micro-injections sont ici réalisées dans une couche superficielle de la peau où la densité de cellules immunitaires cibles y est très élevée. Il n’y a ici aucun saignement, ce qui réduit beaucoup le risque d’infection. Simple d'utilisation, facile à transporter mais aussi peu coûteux (moins de 50 centimes de dollars) et stable à température ambiante, le Nanopatch pourrait donc, comme l'estime Le Monde, devenir l'arme qui «manquait à l'arsenal des médecins» partant en guerre contre les épidémies de lèpre, de polio ou de dengue dans des régions humides et reculées.

Merck dans les starting-blocks

Invité d’honneur du Forum de Davos qui a décerné à sa start-up Vaxxas le label «Technology Pioneers», Mark Kendall a annoncé que les premiers tests sur l’homme seraient réalisés sur quelques volontaires à Brisbane (Australie) cette année et, qu'un essai clinique démarrera, dès 2016, à Cuba. «En cas de succès, nous pourrions lancer le Nanopatch en 2020», a confié l'Australien au Monde, soulignant qu'il faudra alors être en mesure de produire 100 millions de patchs. «Un vrai défi», reconnaît le chercheur qui vient d'ouvrir une filiale de sa start-up aux Etats-Unis.

Mais un défi que l'Australien, qui a déjà réuni plus de 66 millions d’euros pour financer ses travaux et qui s’apprête à lever d’autres fonds, ne relèvera pas seul puisque le potentiel de son patch a déjà tapé, dès 2012, dans l'œil du géant pharmaceutique américain Merck.

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