Le burn-out toucherait près de 2 salariés sur 10

FRANCE Le bun-out pourrait être reconnu comme une maladie professionnelle...

20 Minutes avec agences

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Illustration sur le stress et la dépression au travail.

Illustration sur le stress et la dépression au travail. — CLOSON/ISOPIX/SIPA

Près de deux salariés sur dix (17%) se disent, potentiellement, en situation de burn-out (épuisement professionnel) et trois sur dix (31%) admettent être confrontés à ce problème dans leur entourage professionnel.

Ces résultats proviennent d'une enquête menée par l'institut Think pour Great Place to Work et publiée ce mercredi. Selon cette étude, près d'un salarié sur deux (48%) se dit, ainsi, confronté à des situations de burn-out (1) ou à des niveaux de stress très importants pour lui-même ou pour des proches. Chez les managers, la part des salariés qui se disent proches du burn-out atteint 24%.

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Une évolution «négative» des conditions de travail et effets de la crise

Selon l'étude publiée par le cabinet de conseil Great Place to Work, plus de la moitié des personnes interrogées (56%) indiquent, en outre, que leurs conditions de travail et les pratiques d'encadrement ont évolué de manière négative ces trois dernières années, et seul un salarié sur deux affirme que son entreprise prend en compte le bien-être des salariés. 

Par ailleurs, 83% des salariés sont pessimistes à propos d'une reprise économique rapide en France, un chiffre en hausse de six points en un an. Les trois quarts des salariés (76%) disent ressentir personnellement les effets de la crise. Ils citent d'abord le niveau de rémunération qui stagne (62%), la charge de travail qui augmente (40%), l'ambiance dans l'entreprise qui se dégrade (39%) ou une augmentation du niveau de stress (38%).

Définir et classifier le burn-out

Cette étude est rendu publique alors qu'en France le burn-out tend à être de plus en plus pris au sérieux. Il pourrait être reconnu comme une maladie professionnelle. Ainsi, le ministère du Travail a chargé, l'an dernier, un groupe de travail composé d'experts, de médecins et de psychologues de «clarifier ce que recouvre le burn-out» et faire des recommandations pour mieux prévenir ce syndrome, sans toutefois traiter des questions de reconnaissance et réparation. Les conclusions de ce groupe de travail n'ont pas encore été publiées.

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Cela sans compter que début décembre, une trentaine de députés de la majorité ont demandé, dans une tribune publiée par le Journal du dimanche, que le burn-out soit reconnu comme maladie professionnelle. A l'heure actuelle, seuls quelques dizaines de cas par an obtiennent cette reconnaissance. Pour cela, il faut que la maladie entraîne une incapacité permanente de plus de 25% et qu'un lien «direct et essentiel» avec le travail soit mis en évidence, selon les dispositions en vigueur.

(1). Pour cette enquête le burn-out est défini comme un arrêt de travail soudain à la suite d'un épuisement lié aux conditions de travail. L'enquête a été menée en ligne, selon la méthode des quotas, du 7 au 14 octobre auprès d'un échantillon représentatif de 1.000 salariés français issus d'entreprises et d'administrations.

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