«Je ne crois pas qu'on puisse régler des problèmes aussi importants par des livres médiatiques.» Au lendemain de la parution d’un livre polémique affirmant qu’un médicament sur deux est inutile, la ministre de la Santé a toutefois souhaité annoncer ce vendredi la volonté du gouvernement d’inciter les Français à consommer moins de médicaments.
Pas question, cependant, de prendre des décisions dans l’urgence, a prévenu Marisol Touraine. «Il y a une agence indépendante, l'Agence nationale de sécurité du médicament, qui passe en revue l'ensemble des médicaments pour évaluer à la fois leurs risques et leurs qualités médicales», a rappelé sur la ministre sur Europe1, invitant l’instance à «faire son travail de façon rapide et transparente».
Ce dispositif est précisément critiqué par les auteurs du livre, qui estiment que l'industrie pharmaceutique exerce une influence problématique, et parlent même de «corruption». Ce sujet ancien - la France détient de longue date des records de consommation de médicaments - est relancé dans le cadre d'une discussion sur les économies nécessaires pour résorber les déficits publics, où la «Sécu» pèse 14,7 milliards d’euros, selon les chiffres annoncés jeudi par la Cour des comptes.
Sur les sources identifiées par celle-ci, Marisol Touraine n'a pas annoncé de décisions immédiates, comme par exemple pour le transport des malades. Sur les 3,5 milliards d'euros consacrés à ce poste par l'assurance maladie chaque année, la Cour estime qu'il est possible d'en économiser 450 millions sans dégrader les soins. «Si abus il y a, ils doivent être évidemment sanctionnés et empêchés», a déclaré la ministre.