Actualité de rentrée chargée pour le groupe Tryo qui sort son cinquième album, Ladilafé, et s'apprête à sillonner les routes de France avec une tournée qui fera étape le 20 octobre au Liberté. Rencontre avec le Rennais d'adoption Guizmo, chanteur et guitariste du groupe.
Quelle a été la ligne directrice
pour ce nouvel album ?
Le précédent comportait beaucoup de ballades, des choses assez relax. Cette fois, sur la quarantaine de titres en boîte, nous avons gardé les chansons les plus festives et les plus pêchues en ayant en tête le live. Ce nouvel album est aussi plus riche en terme de production et d'arrangements. On l'a enregistré dans les mythiques studios Real World de Peter Gabriel. Cela s'entend avec beaucoup plus d'instrus et de basses.
Les textes font écho à l'actualité comme le printemps arabe...
Notre métier nous laisse du temps pour observer et être curieux. On vide ensuite notre sac en chanson, comme le faisaient Brassens ou Renaud. Pour le printemps arabe, il nous paraissait important de clamer notre bonheur de voir ces peuples accéder enfin à la démocratie.
Tryo s'est formé il y a plus de 15 ans. Un secret de longévité ?
C'est vrai qu'il n'y a pas tant que cela de groupe avec 15-20 ans de carrière. Après, chaque membre n'est pas emprisonné dans Tryo et on développe chacun des projets personnels à côté. J'ai ainsi joué tout l'été avec mon collectif Le Pied de la Pompe. On a tous besoin de prendre le large pour mieux revenir.
Tryo a une histoire particulière
avec la ville de Rennes...
C'est un peu là que tout a débuté. On a écumé tous les cafés-concerts de la région, en même temps que Matmatah ou Louise Attaque. On jouait tellement souvent dans le coin que les gens pensaient qu'on était un groupe breton. Je me suis depuis installé dans la région entre Rennes et Saint-Malo et j'ai gardé de belles amitiés avec les gens de l'Elabo ou de Percubaba.
Sur l'un des titres, Guizmo appele ses fans à le joindre sur un numéro de portable improvisé. Au bout de la ligne, un malheureux plombier d'Evreux, très vite harcelé de coups de fil et SMS. « On voulait mettre un bip mais on a complètement zappé. C'est une boulette de débutant. Mais tout est rentré dans l'ordre, on s'est excusés et il a été dédommagé », sourit Guizmo.