Bretons

Gilles Martin-Chauffier: “La Bretagne va survivre à la France”

ACTU BRETAGNE L’écrivain et rédacteur en chef de Paris Match vient de faire paraître un essai baptisé Du bonheur d’être Breton. Il y expose sa certitude de voir, un jour, la Bretagne retrouver son indépendance dans une Europe fédérale...

Maiwenn Raynaudon-Kerzerho - Bretons

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Gilles Martin-Chauffier, écrivain et rédacteur en chef de Paris Match

Gilles Martin-Chauffier, écrivain et rédacteur en chef de Paris Match — Emmanuel Pain - Bretons

Bretons : Peut-on faire un parallèle entre ce qui se passe en Catalogne et la Bretagne ?

Gilles Martin-Chauffier : Non. Ce qui est vrai en revanche, c’est que la Catalogne, par son action et son retentissement dans toute l’Europe, est en train de rendre plausible dans beaucoup de régions à travers le continent l’idée qu’on peut quitter les grandes nations européennes. Je pense que la Bretagne ne sera pas une des pionnières dans la dénationalisation de la France. Il y a des régions en Europe, comme la Flandre, la Corse, qui sont beaucoup plus tourmentées par ce sujet. La Bretagne, ce n’est pas quelque chose qui, pour l’instant, la préoccupe. La seule chose, c’est que la France est assez maladroite. C’est elle-même qui va finir par allumer la mèche bretonne avec des comportements absurdes comme par exemple ne pas vouloir réunifier Nantes et la Bretagne. C’est un comportement administratif stupide qui, à terme, finit par exaspérer les gens. La République française et la France, c’est Don Quichotte, mais derrière, il y a son administration, qui est Sancho Panza, il faut dire les choses comme elles sont.

Vous dites que vous n’êtes ni favorable ni hostile à l’indépendance de la Bretagne, mais que vous y croyez, tout simplement, que c’est inéluctable…

Il va se passer en Europe ce qui s’est passé en France en l’an 1 000 :
Paris était une toute petite ville, et les duchés de Normandie, de Bourgogne, le comte de Toulouse ont décidé que c’était la capitale, qu’elle aurait le dernier mot. Fatalement, Paris a fini par s’emparer de tous les pouvoirs. C’est ce qui va se passer avec Bruxelles. Ça va prendre trente ans, cinquante ans, mais le processus est déjà entamé. Bruxelles a une monnaie, des normes, une politique agricole, écologiste qui s’imposent à tout le monde. Et, peu à peu, Bruxelles aura une armée, une éducation européenne… Les choses vont se faire. C’est ce qu’on appelle le sens de l’histoire. On va vers la création d’une Europe puissante, démocratique, dont j’espère qu’elle aura les qualités de nos nations, sans leurs défauts.

Vous assumez donc le rôle politique que vous jouez en écrivant ce livre ?

J’assume d’écrire un livre dans lequel j’explique ce vers quoi va l’Europe. Je fais un travail de citoyen qui aime l’histoire, qui réfléchit sur l’histoire et qui en tire des leçons. Quand je lis l’histoire de la France, celle de l’Europe et celle de la Bretagne, je dis que les choses vont évoluer. Paradoxalement, la Bretagne va survivre à la France. C’est ça que j’annonce. Ce n’est pas politique. Je n’ai pas un point de vue, je ne dis pas que cette Bretagne sera socialiste, républicaine ou En Marche !. Simplement, sur le long terme, voilà comment ça va se passer. Ce point de vue est partagé quel que soit notre parti pris politique.

 

 

Retrouvez la suite de cet entretien dans le magazine Bretons n°138 de Janvier 2018.

Magazine Bretons n°138 - Janvier 2018

 

 

 

 

 

 

 

 

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