Rennes: Privée de subventions, la monnaie locale galléco se cherche un avenir

ECONOMIE L’association qui gère cette monnaie locale lancée en 2013 fait face à de grosses difficultés financières…

Jérôme Gicquel

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Près de 250 entreprises acceptent les paiements en gallécos en Ille-et-Vilaine, comme le snack Pique-Prune à Rennes.

Près de 250 entreprises acceptent les paiements en gallécos en Ille-et-Vilaine, comme le snack Pique-Prune à Rennes. — J. Gicquel / 20 Minutes

  • Cette monnaie est utilisée en Ille-et-Vilaine pour des achats locaux et solidaires.
  • Le nombre de personnes qui paient en gallécos reste toutefois assez confidentiel.
  • L’association qui gère la monnaie doit en plus faire face à des difficultés économiques.

A Rennes, le galléco est encore loin de supplanter l’euro. Lancée en 2013 par le département d’Ille-et-Vilaine, cette monnaie locale complémentaire peine à s’imposer dans le portefeuille des consommateurs. « En un an, on a eu à peine une dizaine de paiements en gallécos », indique un libraire du centre-ville. « C’est très rare. Le dernier échange d’euros en gallécos remonte au 25 septembre », témoigne un autre commerçant. A la Biocoop Scarabée, située rue Vasselot, le galléco trouve un peu plus d’adeptes, à raison d’une dizaine de paiements chaque semaine.

Au total, ce sont près de 70.000 gallécos qui circulent actuellement dans les commerces et restaurants de Rennes et de Redon et 1.700 personnes qui ont adhéré à la monnaie depuis sa création. « Les monnaies locales se développent un peu partout en France même si cela met du temps à prendre », assure Emmanuelle Rousset, vice-présidente du Conseil départemental d’Ille-et-Vilaine en charge de l’économie sociale et solidaire.

Le galléco attend toujours sa version numérique

L’adoption de la loi NOTRe en 2015, qui redistribue les compétences entre départements et régions, a pourtant bien assombri l’avenir du galléco. « Le département était quasiment notre financeur unique. Depuis qu’il n’a plus compétence sur le développement économique, nous connaissons de grosses difficultés financières », souligne Manon Lemeux, coprésidente de l’association Galléco qui gère la monnaie. L’association a été contrainte de licencier les deux salariés qui travaillaient à plein-temps. Elle subsiste désormais avec un seul emploi aidé et surtout l’implication de ses bénévoles. « La monnaie existe et fonctionne mais nous n’avons clairement plus les moyens par rapport à l’ambition initiale », déplore Manon Lemeux.

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Pour élargir son usage, le galléco devait également être doté d’une version numérique courant 2017. Un projet qui n’a toujours pas vu le jour. « C’est plus compliqué techniquement que ce qu’on avait imaginé », indique Emanuelle Rousset. Fragilisé économiquement, le galléco chercherait ainsi à se rapprocher des autres monnaies locales bretonnes et de la SoNantes pour mettre en place un outil commun. « Le projet reste toujours d’actualité mais le numérique coûte très cher. C’est d’autant plus compliqué quand on est privé de subventions », assure Manon Lemeux.