• Le tableau monumental d’Anne de Bretagne est de retour au Parlement à Rennes.
  • Ce « brouillon » de la tapisserie réalisée au début du XXe siècle a été restaurée.
  • La tapisserie a brûlé dans l’incendie de son atelier de restauration, après avoir échappé aux flammes en 1994.

« C’est un événement historique ». Premier président de la cour d’appel, Xavier Ronsin n’a pas caché son émotion lundi soir au moment de faire tomber le drap blanc inaugurant le retour d’Anne de Bretagne au Parlement de Bretagne à Rennes. Ce tableau monumental de six mètres sur cinq est un carton, sorte de brouillon, d’une tapisserie aujourd’hui disparue montrant le mariage d’Anne de Bretagne et de Charles VIII en 1491. Un acte fondateur qui mettra fin à l’indépendance de la région.

Epargnée par l’incendie en 1994, brûlée en 1997

Réalisé par Edouard Toudouze et accroché pour la première fois à Rennes en 1901, ce carton remplace aujourd’hui la tapisserie qui a longtemps recouvert le mur de la Grand’Chambre du Parlement. Epargnée par les flammes lors du dramatique incendie en 1994 mais souillée par l’eau des pompiers, l’œuvre avait brûlé trois ans plus tard dans l’incendie de l’atelier dans lequel elle était restaurée. « Nous avons retrouvé une partie des modèles dans nos réserves. Nous trouvions dommage de ne pas les montrer », témoigne Anne Dary, la directrice du musée des Beaux Arts.

Grâce à l’aide des collectivités et de mécènes, l’œuvre a pu être restaurée et vient d’être accrochée au Parlement, en face de l’imposante tapisserie de Duguesclin, encore plus grande que celle d’Anne de Bretagne.

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Au total, ce sont onze tapisseries réalisées par les Gobelins qui ont orné les murs de la salle à partir de 1925. La plus grosse commande de l’histoire de la prestigieuse manufacture, évaluée à plus de dix millions d’euros à l’époque. « Les murs rouge et or étaient de plus en plus critiqués. On y voyait des hermines mais aussi les initiales de Napoléon. Il y avait une incohérence. Beaucoup voulaient les recouvrir », précise Guillaume Kazerouni, responsable des collections anciennes au musée des Beaux Arts.

Pour remplacer les tapisseries brûlées et à jamais disparues, les équipes du musée de Bretagne se sont mises en quête des fameux « brouillons » réalisés avant le tissage. Si certains ont été déchirés, d’autres ont été rangés ici et là et se cachent dans les réserves des musées. « Nous en avons retrouvé certains. Mais nous savons par exemple que l’un des tableaux se trouve au Mobilier National à Paris, parmi les 2.500 cartons qui sont roulés là-bas », poursuit Guillaume Kazerouni.

Les conservateurs du musée et les équipes du Parlement aimeraient en accrocher au moins six et même faire revenir du mobilier dans les années à venir. « L’histoire n’est pas terminée ».