• Les trois policiers municipaux de Saint-Grégoire sont désormais armés.
  • Le maire Pierre Breteau a jugé que « le contexte avait changé ».
  • La décision a été saluée par les syndicats de policiers municipaux.

« Voir des policiers armés, ça ne me dérange pas. Mais est-ce que c’est nécessaire ici ? ». Bernard habite Saint-Grégoire depuis près de trente ans. Mercredi, il a appris que les agents de la police municipale de sa ville seraient équipés de Magnum 357.

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Une réponse du maire, Pierre Breteau, à la demande récurrente de ses policiers : « La première fois qu’ils me l’ont demandé, c’était en 2008, quand j’ai été élu. J’ai longtemps jugé que ce n’était pas utile. Mais aujourd’hui, le contexte a changé », témoigne le maire de centre-droit.

« Le contexte a changé »

Depuis quelques jours, les trois agents de la commune patrouillent armes à la ceinture, après avoir suivi plusieurs semaines de formation et de tests. « Les responsables de la sécurité sont aujourd’hui beaucoup plus exposés en France, on ne fait que s’adapter à ce contexte. Ils demandaient à pouvoir se défendre, notamment quand ils patrouillent seuls. Je ne trouve pas ça illogique », poursuit le maire.

La commune, située à quelques kilomètres au nord de Rennes, a la particularité d’être la plus riche de la région. D’après les données de l’Insee, le revenu fiscal moyen des ménages grégoriens s’élevait à plus de 46.000 euros en 2015, soit 20.000 de plus que la moyenne bretonne. Ici, les faits de délinquance les plus fréquents étaient surtout des cambriolages. « L’armement des policiers municipaux n’est pas du tout fait pour lutter contre l’insécurité. Notre ville est relativement calme », assure le maire.

« Ce n’est pas l’arme qui est dangereuse, c’est la personne qui se trouve derrière »

Dans la commune, la nouvelle n’a pas fait l’effet d’une bombe. Mais elle surprend, tout de même. « Avec tout ce qu’il se passe en France, je comprends qu’ils veuillent se protéger », témoigne un couple d’anciens. « C’est normal qu’ils puissent se défendre. Mais personnellement, je ne me sens pas menacée ici », embraye une assistante maternelle. La plupart des habitants interrogés ne sont d’ailleurs pas inquiets. « Ce n’est pas l’arme qui est dangereuse, c’est la personne qui se trouve derrière », résume un commerçant. « Moi, je leur fais confiance, je trouve ça rassurant », témoigne Pierrick, 16 ans.

La décision de la mairie de Saint-Grégoire a fait réagir l’USSPPM, syndicat national de la police municipale, qui en a profité pour tacler la mairie de Rennes, qui continue de s’opposer à l’armement de ses agents. Le syndicat de défense des policiers municipaux, majoritaire dans la profession, partage ce même constat. « Nous sommes pour un armement généralisé. Nous sommes les premiers à intervenir dans la rue. Un policier ne va pas pouvoir protéger la population s’il ne peut pas se protéger lui-même », martèle Cédric Michel, président du syndicat.