• De la musique est diffusée en continu sur les quais du métro à Rennes.
  • C’est la société lilloise Ixidia qui est chargée de composer la playlist.
  • Certains styles musicaux sont bannis comme le rap, le metal ou la techno.

Il était 14h21 précises mardi quand la voix d’Iggy Pop a résonné sur les quais de la ligne A du métro rennais. Un peu plus tôt dans la journée, les usagers avaient eu le droit à Supertramp, Stromae, Ed Sheeran, Amy Winehouse ou au chanteur folk Ben Howard. Dans la soirée, les quais auraient même pu se transformer en piste de fest-noz avec une sélection de musiques bretonnes, programmée à l’occasion du festival Yaouank qui se tient actuellement dans la capitale bretonne. « J’avoue que je n’y prête jamais attention », indique Nicolas, étudiant à Rennes 2, le casque vissé sur les oreilles. « C’est plutôt agréable, ça apaise après la journée de boulot », avoue pour sa part Sabine.

Ville très branchée musique, Rennes a la particularité d’être l’une des seules villes en France, avec Lille et Toulouse, à avoir une programmation musicale en continu dans son métro. Ce choix a été fait par l’opérateur Keolis dès la mise en service de la ligne en 2002. « On souhaite accompagner l’usager tout au long de la journée avec de la musique plutôt cool le matin et un peu plus rythmée en fin de journée. L’objectif est d’apaiser et non d’énerver ou de déranger le voyageur », indique Armelle Billard, en charge de la communication du réseau Star.

Le rap, le metal et la techno bannis d’antenne

Pour composer la bande-son ainsi que les messages d’annonces, Keolis a fait appel dès l’origine à un prestataire, la société lilloise Ixidia, qui assure déjà l’ambiance dans le métro de sa ville ainsi qu’à Bruxelles. Les débuts de la collaboration ont pourtant été délicats. « Keolis ne voulait au départ que des musiques de films. Cela s’est vite arrêté car des usagers se sont plaints que certaines musiques étaient trop anxiogènes », indique David Delcroix, gérant d’Ixidia.

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Contraint de revoir sa copie, Keolis a donc opté pour une programmation plus consensuelle et généraliste. « On alterne les nouveautés du moment avec des morceaux plus anciens, on ratisse assez large », détaille David Delcroix. Certains styles musicaux comme le rap, le hard-rock ou la techno sont par contre bannis d’antenne. « On évite les musiques trop clivantes. De même, on fait très attention aux paroles. Si c’est trop violent ou agressif, cela ne peut pas passer », poursuit le PDG d’Ixidia.

A Bruxelles, les usagers composent leur playlist

Depuis quelques mois, le réseau Star essaie également d'établir une playlist en rapport aux nombreux festivals de musique qui rythment la ville. « Quand il y a eu Carmen joué en direct à Rennes en juin, on a voulu diffuser des morceaux d’opéra dans le métro. Idem avec le festival de musiques bretonnes Yaouank. C’est un axe que nous souhaitons valoriser en tant que partenaire de ces événements », indique Armelle Billard.

A Bruxelles, la Stib, qui exploite le métro, est allée encore plus loin en diffusant la playlist de ses usagers. « Le vote se fait sur les réseaux sociaux et la playlist la plus plébiscitée est diffusée dans le métro. La programmation musicale du métro est même diffusée sur Internet », ajoute David Delcroix.