VIDEO. Bretagne: Un mois après la pollution par Lactalis, l’état de la Seiche reste catastrophique

ENVIRONNEMENT Plusieurs plaintes ont été déposées à l’encontre du groupe laitier…

Camille Allain

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La rivière la Seiche, ici à Janzé (Ille-et-Vilaine), le 20 septembre 2017, soit un mois après la pollution de Lactalis.

La rivière la Seiche, ici à Janzé (Ille-et-Vilaine), le 20 septembre 2017, soit un mois après la pollution de Lactalis. — C. Allain / 20 Minutes

  • Le 18 août, une pollution a contaminé la Seiche, rivière d’Ille-et-Vilaine.
  • Ce rejet de matière organique émanait de l’usine Lactalis de Retiers.
  • Des tonnes de poissons morts ont été ramassées en août : un mois après, la rivière est toujours dans un état catastrophique.

Sur le pont de Franceul à Janzé, un arrêté préfectoral rappelle l’interdiction de pêcher dans la Seiche. Mais qui voudrait lancer son bouchon dans ce tapis d’algues vertes recouvrant la surface ? Et pour remonter quoi ?

Depuis un mois et la pollution de la rivière par Lactalis, la Seiche a été entièrement vidée de sa faune. Plus aucun poisson, ni grenouille, pas même une araignée d’eau ne se risque à arpenter le cours d’eau. Seuls quelques rares oiseaux et ragondins continuent d’habiter les abords de la rivière. « Tout est mort. C’est désolant et tellement triste », déplore Jérémy Grandière, le responsable de la fédération de pêche d’Ille-et-Vilaine.

Le 21 août, l’usine Lactalis de Retiers voyait un surplus de matière organique se déverser dans la rivière, contaminant huit kilomètres au moins, sans doute en raison d’une saturation de la station d’épuration. Le géant du lait est accusé d’avoir tardé à réagir. « C’est une tragédie et nous la regrettons, mais nous avons respecté le protocole de A à Z », assure Bruno Alix, directeur du site qui emploie 850 personnes.

Dans les communes alentours, les habitants s’interrogent encore. « Ici, on ne sait rien, personne ne nous informe. La pollution, ça a beaucoup fait parler ici, ce n’est pas rien de tout anéantir comme cela », témoigne Sophie, qui réside à Amanlis.

« La nature va mettre des années à recoloniser »

De Janzé à Retiers, l’amélioration se fait à peine sentir. Les barrages flottants installés ont été retirés, mais la rivière affiche un triste visage. « Il y a tellement de poissons qui pourrissent au fond que le milieu est contaminé. La nature va mettre des années à recoloniser le milieu », poursuit Jérémy Grandière. Lors des opérations de ramassage des poissons morts, les pêcheurs ont vu des carpes de 20 kilos ou des silures de 50 kilos périr parmi les premiers. « Il faudra 20 à 30 ans pour en retrouver des comme ça ».

« Réparer au plus vite pour rétablir le milieu naturel »

La semaine dernière, sa fédération de pêche a été reçue en préfecture, en présence des représentants de Lactalis. « Notre volonté, c’est de réparer au plus vite pour rétablir le milieu naturel. Nous avons fait appel à des experts qui nous aideront à prendre les bonnes décisions », assure le directeur du site. « Relâcher 15 tonnes de poissons, dans ce cas-là, ça ne sert à rien. Ce n’est pas une question d’argent mais de temps », répond le pêcheur.

Sa fédération a porté plainte contre le groupe agroalimentaire, tout comme l’association Eau et rivières de Bretagne. « Nous avons porté plainte car nous attendons de savoir ce qui a causé cette pollution. Il ne faut pas que ça se reproduise », explique Pauline Pennaber, qui suit le dossier pour l’association. Une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet de Rennes.

Très affecté par cet accident, Jérémy Grandière espère aussi que l’instruction avance vite. « Je ne veux pas que ça traîne et qu’on oublie. Nous voulons la garantie que cela ne se reproduise jamais ».