• Une page se tourne à l'EAG avec le départ de l'un de ses plus fidèles serviteurs, Claude « Coco » Michel (46 ans).
  • La figure emblématique du club costarmoricain va prendre les rênes du Pôle Espoirs de Ploufragan, dont sont issus des joueurs comme Yoann Gourcuff ou Sylvain Marveaux.

Vendredi, Claude « Coco » Michel sera officiellement le nouveau directeur du Pôle Espoirs de Ploufragan, après 31 ans passés à l’En Avant de Guingamp. Le légendaire capitaine des Rouge et Noir donnera le lendemain le coup d’envoi de EAG-Lille (samedi, 20 h), avant de dire au revoir au public de Roudourou…

Pas trop stressé avant cette rentrée des classes inhabituelle pour vous ?

Non, dans la mesure où j’accompagne Patrick Papin [le futur ex-patron de la pépinière ploufraganaise] depuis une dizaine de jours. Guingamp m’a laissé observer et comprendre le fonctionnement du Pôle, du coup, ça va faciliter mon intégration. Patrick m’a présenté aux personnes avec lesquelles je vais travailler, donc ça commence à se clarifier dans ma tête. Le football et la formation, c’est ma passion. Hier, j’entraînais des pros, demain, je vais entraîner des 14-15 ans, et je vais quand même m’épanouir. Ce sont deux métiers différents, mais on reste dans la transmission de savoirs et de valeurs.

Il y a deux semaines, vous déclariez ne pas vous « rendre compte » de votre départ de l’En Avant. Est-ce que vous réalisez aujourd’hui ?

Pas tout à fait encore, parce que je faisais des sauts de puce entre Guingamp et Ploufragan. Je vais plus m’en rendre compte samedi… Il y aura un petit pincement au cœur.

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Votre remplacement à la tête de l’équipe réserve de l’EAG, annoncé en avril 2017, a-t-il rendu votre exil inéluctable… même si vous aviez intégré le staff d’Antoine Kombouaré début juillet ?

Peut-être pas inéluctable, mais j’avais ce poste-là [à Ploufragan] dans mon imaginaire. Patrick ne devait pas partir tout de suite, mais il a pu faire valoir ses droits à la retraite dès cette rentrée, c’est pour ça que ça s’est fait plus rapidement. Durant ma formation, je me suis donné les moyens de passer l’ensemble des diplômes de la Fédération pour avoir la liberté de faire ce que je veux, en fonction des propositions que j’aurais pu avoir, que ce soit à Guingamp ou à l’extérieur. J’ai donc fait valoir cette liberté-là… C’est politiquement correct comme réponse, non (sourire) ?

Est-ce à dire que vous ressentez de la rancœur envers certains membres du club ?

Non, car c’est moi qui ai décidé de partir. J’aurais pu ne pas me présenter au Pôle Espoirs de Ploufragan et être encore l’adjoint d’Antoine Kombouaré. Eux [le staff technique] m’ont tendu la main parce qu’ils avaient aussi ce besoin-là, et ça se passait très bien. Antoine me l’a encore redit : si je n’avais pas décidé « familialement » d’aller à Ploufragan, je restais dans son équipe, ça, c’est clair ! Je ne voulais surtout pas de non-dits, de rancœur, etc. Quitter Guingamp va évidemment changer ma vie, mais j’habite toujours à côté et je reviendrai avec plaisir à Roudourou. Il y a énormément de gens qui m’aiment bien, donc je veux vraiment garder cette image-là. Et je le répète, c’est mon choix ! J’aurais pu rester à Guingamp et avoir peut-être d’autres responsabilités. Le président avait été assez clair à ce sujet au mois d’avril.

Contrairement à Jean-Michel Aulas, vous ne direz donc pas que Bertrand Desplat est un « vilain personnage » ?

Non, je ne le dirai pas, parce qu’on s’est dit les choses de façon franche. Je ne suis pas aigri et je n’en veux à personne. J’ai passé mes diplômes pour pouvoir partir. Voilà, je pars, basta !

Quelle(s) image(s) conserverez-vous de ces 31 ans passés à Guingamp ?

Je vais prendre par périodes. La première, c’est celle où j’arrive à l’âge de 15 ans. Ça n’a pas été facile du tout ! Il fallait s’adapter à un entraînement quotidien, et ça a été compliqué de rattraper le retard que j’avais. J’ai gravi tous les échelons des différentes catégories en n’étant pas toujours le meilleur, mais en donnant toujours le meilleur de moi-même, jusqu’à arriver professionnel.

Une carrière pro [longue de douze saisons] dont je suis quand même fier : j’ai pu jouer en Ligue 1, avec de très bons souvenirs, des moins bons, mais aussi la Coupe d’Europe, la Coupe de France… Enfin bref, plein de choses dans la tête ! Et puis, il y a ma période d’éducateur au club. J’ai essayé de transmettre ce qu’on m’avait apporté à mon arrivée, notamment Yvon Schmitt. J’ai essayé de le faire tout en me formant, afin de pouvoir voler de mes propres ailes.

On imagine que vous resterez le premier supporter de l’En Avant…

Évidemment ! Par contre, dans le cadre de mon travail, il faut que je fasse attention, car je ne pourrai pas privilégier un club ou un autre…