Rennes: L’inquiétude grandit avant la fermeture du plus grand squat de la ville

LOGEMENT A La Poterie, 160 migrants attendent des solutions de relogement…

Camille Allain

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L'entrée du squat de la Poterie à Rennes, installé dans une ancienne maison de retraite.

L'entrée du squat de la Poterie à Rennes, installé dans une ancienne maison de retraite. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

  • 160 migrants occupent une ancienne maison de retraite à Rennes
  • Le squat de la Poterie doit être libéré le 17 juillet
  • L'association Un toit c'est un droit s'inquiète du sort des migrants

« J’aimerais bien qu’on nous trouve un autre endroit. J’ai peur de me retrouver à la rue. » Suzanna (prénom d’emprunt) est Albanaise. Agée de 24 ans, elle vit avec ses parents dans une petite chambre du squat de la Poterie depuis un an. « Ce n’est pas très grand mais on a tout ce qu’il nous faut », explique la jeune femme. Comme elle, 160 personnes vivent depuis un an dans cette maison de retraite transformée en grand squat. Le 17 juillet, les Congolais, Ivoiriens, Mongols ou Tchétchènes qui y habitent devront être partis. Le promoteur Lamotte, qui a accepté l’occupation temporaire, souhaite récupérer son bien… pour le démolir.

A moins d’un mois de l’échéance, l’association Un toit c’est un droit qui supervise le squat s’inquiète. « Ça fait un an qu’on est là et que l’on dit qu’il faut qu’on anticipe la sortie, mais on n’a aucune avancée. Les gens qui sont ici vivent dans le stress. On n’a aucune réponse à leur apporter », regrette Joëlle Couillandre, membre d’Un toit c’est un droit.

« Un lieu de vie incroyable »

L’an dernier, l’association avait passé une convention avec la ville de Rennes pour transformer le squat en un lieu d’occupation légal. « C’est devenu un lieu de vie incroyable. Il n’y a pas eu un week-end sans animation. On n’a pas envie que ça se termine en fiasco », embraye Carole Bohanne.

Une des chambres du squat de la Poterie à Rennes, installé dans une ancienne maison de retraite.
Une des chambres du squat de la Poterie à Rennes, installé dans une ancienne maison de retraite. - C. Allain / APEI / 20 Minutes

Alors que la fin de la convention approche, la municipalité socialiste tente de trouver des solutions pour trouver un toit aux 160 occupants. Sans succès pour l’heure. « La maire nous a dit qu’il y avait très peu de logements vides actuellement à Rennes et qu’il faudrait une solidarité intercommunale. Si on ne trouve pas d’autre solution, on ouvrira un gymnase », explique Armelle Bounya, présidente d’Un toit c’est un droit.

De nombreux bâtiments inoccupés recensés

Aujourd’hui, les bénévoles de l’association attendent surtout de l’Etat qu’il trouve des solutions. « C’est de sa responsabilité. Certaines familles sont en France depuis cinq ou six ans pour fuir la guerre. Leurs enfants ne parlent même pas leur langue d’origine. On ne va quand même pas les expulser du pays », s’agace Joëlle Cuillandre. Pour « aider » la préfecture, l’association a établi une liste des logements vides dans l’agglomération. « Ça fait des années que l’ancien bâtiment de l’Agence régionale de santé est inoccupé. Ce ne sont que des bureaux, mais avec pas grand-chose, on pourrait les adapter », poursuit Armelle Bounya.

Carole Bohanne, de l'association Un toit c'est un droit, dans le squat de la Poterie, à Rennes.
Carole Bohanne, de l'association Un toit c'est un droit, dans le squat de la Poterie, à Rennes. - C. Allain / APEI / 20 Minutes

Nora, Albanaise de 16 ans, vit avec sa mère et ses trois frères dans le squat depuis sa création, il y a un an. Scolarisée au lycée, elle craint de devoir faire appel au Samu social en juillet. « On l’a fait pendant des mois, c’était invivable. On n’était jamais au même endroit. On prenait le bus ou le train tous les jours pour aller à l’école. Ça nous prenait des heures. Je ne veux pas que ça recommence. » Une réunion doit se tenir en préfecture vendredi pour tenter de trouver une solution de relogement.