Rennes: La ville veut prendre de la hauteur et mise sur l’audace des architectes

URBANISME Plusieurs tours d’une vingtaine d’étages sont en construction ou en projet…

Jérôme Gicquel

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L’un des immeubles du programme Chromosome s’élèvera sur 19 étages.

L’un des immeubles du programme Chromosome s’élèvera sur 19 étages. — In Situ

On est encore très loin des tours géantes qui poussent un peu partout dans le monde mais les immeubles prennent un peu de hauteur depuis quelque temps à Rennes. C’est le cas dans la ZAC (zone d’aménagement concertée) Normandie-Saumurois dans le quartier de Villejean où une cité universitaire de 17 étages est en cours de construction.

Idem avec l’immeuble Panoramik et ses 17 étages qui surplomberont bientôt le nouveau quartier de Baud-Chardonnet. Dernier programme en date dévoilé, le Chromosome, qui comprendra un immeuble de 19 étages dans le quartier Beauregard, au nord-ouest de la ville. « Ce programme constituera la huitième et dernière tranche du quartier où les travaux ont débuté il y a 20 ans. L’immeuble de 19 étages se veut comme un signal urbain et offrira à ses habitants une vue imprenable », souligne Sébastien Sémeril, premier adjoint à la ville en charge de l’urbanisme.

Des programmes plus standardisés au début des années 2000

Plutôt frileuse par le passé en matière d’urbanisme, Rennes prend donc de la hauteur et mise pour cela sur l’audace architecturale. « C’est d’ailleurs parce qu’il y a de la hauteur qu’on peut faire de l’architecture », souligne l’élu. Le changement de cap de la municipalité est intervenu assez récemment. Avant cela, au début des années 2000, c’était la troisième ville la plus chère de France.

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L’adoption d’un plan local d’urbanisme en 2004 a alors été le point de départ d’un vaste programme de construction, et notamment de logements sociaux. « A cette époque, la tendance a été de standardiser les livraisons sur les boulevards urbains avec des immeubles R + 4 avec une maison sur le toit », détaille Sébastien Sémeril.

Les habitants pour plus d’audace architecturale

En 2017, la configuration a changé et la capitale bretonne est désormais redescendue au 16e rang des villes les plus chères de France, et ce malgré une croissance démographique soutenue. Alors qu’un nouveau plan local verra bientôt le jour, les élus locaux se sont donc décidés à apporter un peu plus de fantaisie en matière d’urbanisme en diversifiant les constructions. « C’était d’ailleurs une demande des habitants qui se sont prononcés massivement dans le cadre de Rennes 2030 pour plus d’audace architecturale », souligne Sébastien Sémeril.

Une audace qui passe donc par des tours de plus grande hauteur dans les quartiers rennais, sans viser forcément la folie des grandeurs. « Tous ces immeubles ne dépassent pas les 50 mètres. Plus haut, les contraintes deviennent alors beaucoup plus fortes », conclut l’élu.