VIDEO. Quevilly, Atlético, Équipe de France, Gourcuff... Benoît Costil fait l'bilan, calmement, avant son dernier match avec Rennes

FOOTBALL Le futur gardien des Girondins de Bordeaux a officialisé son départ du club rouge et noir...

Jeremy Goujon

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Benoît Costil contre Lorient, le 25 février 2017.

Benoît Costil contre Lorient, le 25 février 2017. — C. Triballeau / AFP

  • L'international français (une sélection) va quitter Rennes après 255 matchs sous le maillot du SRFC.
  • Avant sa der contre Monaco, samedi soir, il a regardé dans le rétro pour la chaîne TVR.

Voilà, c’est fini. Après 254 matchs sous la tunique rouge et noire (le 255e et ultime est prévu samedi soir contre Monaco, avec le brassard de capitaine), Benoît Costil a officialisé son départ du Stade Rennais, jeudi.

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Le futur gardien des Girondins de Bordeaux (29 ans), appelé le jour même en équipe de France, a dressé le bilan de ses six saisons bretilliennes lors d’un entretien avec TVR 35 Bretagne. Extraits.

Cri-Cri d’amour. « J’ai pris la décision [de quitter le SRFC] seul, l’été dernier, après une fin de saison délicate. Un petit truc s’est cassé… un gros truc, même. Derrière, il y a eu l’arrivée d’un homme formidable à mes yeux, un grand coach qui est Christian Gourcuff.

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Dans mon "non-départ" de l’année dernière, la chose qui me rend hyper heureux, c’est d’avoir pu connaître ce coach. J’aurais eu un regret terrible de ne pas l’avoir connu. Je regrette même de ne pas l’avoir connu plus tôt à Rennes. Avec sa volonté de me voir rester, je me suis posé la question, mais finalement, c’était plus fort que moi. J’estimais qu’il fallait une nouvelle aventure, un nouvel élan à ma carrière. Du coup, c’est une décision que j’assume pleinement. »

Les Bleus grâce aux Rouge et Noir. « Même si je venais d’être élu meilleur gardien de Ligue 2 [en 2011], dans une bonne équipe de ce championnat [Sedan], j’arrivais quand même dans un club qui jouait l’Europe. Lorsque je regarde l’effectif de l’époque, et sans méchanceté pour celui d’aujourd’hui, ce n’est clairement pas la même chose. Il fallait donc faire sa place et ce n’était pas facile, j’avais quand même une vraie pression de la part du coach [Frédéric Antonetti]. Le club m’a fait grandir et m’a beaucoup donné, mais je pense aussi avoir fait ce qu’il fallait en retour.

J’ai pu devenir un gardien de Ligue 1, côtoyer la sélection, puis jouer avec. J’étais très fier d’aller à l’Euro en étant joueur du Stade Rennais, comme je suis super fier d’être devenu international avec le SRFC. Devant moi, il y avait des joueurs du Real Madrid, etc. C’est exceptionnel. C’est une belle récompense également pour le club. J’espère qu’il s’est un peu approprié ce moment-là. »

Le plein d’émotions. « La première année, Belgrade, c’était exceptionnel, surtout là-bas. Un truc surpuissant [allusion au barrage aller de Ligue Europa contre l’Étoile Rouge, au mythique "Marakana"]… Le match à Marseille, quand on gagne 1-0 au Vélodrome [le 10 septembre 2011], est celui qui me donne du crédit auprès de mes coéquipiers et de mon entraîneur, ainsi qu’aux yeux de la France du foot.

En Coupe d’Europe face à l’Atlético Madrid, ici à Rennes, le stade n’était pas complètement plein, mais il y avait un bruit incroyable. Je revois encore cette frappe un peu déviée de Vic Montaño, sur laquelle Thibaut Courtois est battu. C’était génial ! On se fait égaliser en toute fin de match, sur un corner bidon… Autre moment fort, la demi-finale de Coupe de la Ligue 2013 contre Montpellier, avec l’envahissement du terrain. On était tous à faire les cons après dans la tribune. Derrière, on a fait la chouille toute la nuit, c’était trop bien (sic) ! Le foot, il faut le vivre, il faut savourer ces moments-là. »

Un lot de déceptions. « Je rêvais d’une chose que Petr Čech n’avait pas réussi à faire avec Rennes : aller remporter un trophée. On a tellement été proches plusieurs fois… Je me suis tellement vu un jour en ville avec la Coupe, célébrer le truc avec tous les Bretons, tous les fans du Stade Rennais. Ce sera un vrai regret en partant d’ici. Quevilly [demi-finale de Coupe de France 2012], on ne pouvait pas ne pas passer. Ça a été le plus dur, je pense…

L'instant fatidique contre Quevilly...
L'instant fatidique contre Quevilly... - Beaufils / Sipa

Plus que la finale [de Coupe de la Ligue 2013] contre Saint-Étienne, par exemple. Je n’ai presque pas de regrets là-dessus, car on était tellement à bout de souffle. Après, forcément, il y a cette finale [de Coupe de France 2014] face à Guingamp. (Il soupire) Là, quand j’en parle, j’ai les nerfs, parce qu’on n’avait pas le droit de "ne pas la jouer" comme ça… »

Ici, c’est chez lui. « J’ai connu des choses top ailleurs, différentes, mais ce que j’ai connu ici… Sur ces dernières années, je pense qu’aucun joueur n’a vécu sa période rennaise comme moi je l’ai vécue. C’est-à-dire en ayant autant d’amis dans cette ville, en allant me balader tranquillement, en allant boire un verre en fin d’après-midi, peinard…

🔴⚫️... #roazhonpark #mygarden #srfc

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Les gens ne me calculent même pas, je fais partie du décor. Ils savent comment je suis, ils me connaissent tous. Rennes, c’est devenu ma maison, ça dépasse le job. C’est un club qui restera en moi tout le temps. »