Rennes: Un projet de ferme de 800 veaux inquiète les écologistes

AGRICULTURE Un projet d’agrandissement d’élevage est à l’étude dans la commune de Saint-Gilles…

Jérôme Gicquel

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Illustration d'un veau dans un élevage.

Illustration d'un veau dans un élevage. — JOSEPH EID / AFP

  • Une famille d'éleveurs souhaite agrandir son élevage de veaux à Saint-Gilles
  • Un candidat écologiste aux législatives a fait part de ses craintes sur le projet
  • Il évoque notamment les questions du bien-être animal et de la pollution

Après la ferme des 1.000 vaches dans la Somme, une ferme de 800 veaux pourrait bien voir le jour en Bretagne. Porté par la famille Jouet sur la commune de Saint-Gilles, à l’ouest de Rennes, le projet consiste en l’agrandissement d’un élevage de veaux de boucherie afin d’accueillir 315 animaux de plus. L’élevage passerait ainsi à 800 veaux, nécessitant la construction d’un nouveau bâtiment. Le permis de construire validé, une consultation du public sera menée dans la commune du 17 mai au 14 juin, avec la possibilité pour les habitants de s’informer du projet et de formuler des remarques.

Candidat écologiste aux élections législatives dans la 8e circonscription d’Ille-et-Vilaine, où se trouve la commune de Saint-Gilles, Matthieu Theurier exprime déjà ses craintes sur le projet. « La course à l’agrandissement des exploitations agricoles a des conséquences pour l’environnement. Des fermes toujours plus grosses, c’est moins de pâturages et des animaux qui ne voient plus la lumière du jour », dénonce le candidat écologiste dans un communiqué.

« Moins polluant qu’un élevage de vaches ou de porcs »

Pointés du doigt, Michel Jouet et son fils David balaient d’un revers de main les arguments du vice-président de Rennes Métropole. « Il y a beaucoup de choses fausses dans ce qui est énoncé par ce candidat. Les animaux ne seront pas dans le noir comme il l’affirme mais dans un local équipé de fenêtres. Nous respectons les normes européennes avec un cahier des charges bien précis », assure Michel Jouet.

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Matthieu Theurier estime également que ce projet aura des conséquences néfastes sur l’environnement. « Ce sont aussi des effluents d’élevage toujours plus importants et qui participent à la pollution de l’eau s’ils sont mal traités », dénonce le candidat écologiste. Sur la question de la pollution, l’agriculteur se veut là aussi rassurant. « L’élimination se fera par épandage sur un terrain d’une surface de 41,5 hectares. En plus cela n’a rien à voir avec un élevage de vaches ou de cochons. Un élevage de veaux pollue beaucoup moins », poursuit l’éleveur.

La décision finale reviendra à la préfecture

Une fois la consultation du public achevée, la décision d’autoriser ou non l’agrandissement de l’élevage reviendra à la préfecture d’Ille-et-Vilaine. Si elle est positive, la famille Jouet espère bien pouvoir démarrer les travaux d’ici la rentrée de septembre. « Si c’est validé, l’exploitation fera 50 hectares. On ne peut donc pas parler d’une très grande exploitation. Par contre elle est viable et fait vivre trois personnes », souligne Michel Jouet.