Vitesse sur la rocade de Rennes: Le rapport final de l’expérimentation enfin dévoilé

ENVIRONNEMENT Après un an de test, la vitesse a été rétablie à 90km/h sur le périphérique…

Camille Allain

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La rocade de Rennes, ici le 29 septembre 2015, lors de l'abaissement de la vitesse.

La rocade de Rennes, ici le 29 septembre 2015, lors de l'abaissement de la vitesse. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

  • Une expérimentation d'un an a été menée sur la rocade de Rennes
  • L'abaissement de la vitesse a donné des résultats contrastés sur la pollution
  • Le rapport final vient d'être mis en en ligne

C’était le sujet qui fâchait. Sept mois après l’annonce du rétablissement de la vitesse à 90km/h sur la rocade, le rapport final de l’expérimentation vient d’être dévoilé. Ce test, qui avait duré un an, avait donné des résultats contrastés. D’un côté, l’abaissement de la vitesse de 110 à 90 avait permis de faire nettement baisser la pollution au dioxyde d’azote, émis à 95 % par le trafic routier. D’un autre, l’abaissement à 70 ne montrait pas d’amélioration stable.

« A 70, l’effet est bien moindre »

Le 1er octobre, la décision était prise de rétablir tout le périphérique rennais à 90, au plus grand plaisir de nombreux automobilistes. « Les camions polluent plus au-dessus de 80 km/h. A 70, l’effet est bien moindre », expliquait à l’époque Frédéric Lechelon, directeur de la DirOuest.

Pollution, accidents, bouchons : Pourquoi la vitesse va repasser à 90 kmh sur la rocade 

Dans son rapport tout juste mis en ligne, Airbreizh, association chargée de la surveillance de la qualité de l’air, note une baisse de la concentration en dioxyde d’azote variant de 19 à 74 % pour la partie nord, où la vitesse était autrefois limitée à 110. Pour la partie sud, on oscille entre -37 et +35 %, ce qui « ne permet pas de dégager de tendance », selon Airbreizh. La pollution demeure, même si les valeurs maximales enregistrées sont presque toutes en baisse.


Dans son étude, Airbreizh avait également promis d’évoquer la situation des microparticules. Cette pollution, récurrente l’hiver lors des pics de froid, est générée par différents facteurs, comme le chauffage urbain ou l’agriculture. Les véhicules diesel y contribuent à hauteur de 39 %. Sauf que l’étude a ici été menée en été, et uniquement sur la partie sud de la rocade.

« La multiplicité des sources d’émissions, le transport sur de longues distances sont notamment des facteurs qui expliquent le caractère régional de ce polluant contrairement au dioxyde d’azote ». Les particules fines, pourtant jugées si dangereuses pour la santé, n’ont pas pu être prises en compte dans l’étude de qualité de l’air.

Bientôt un plan de déplacement urbain

L’étude terminée, la ville de Rennes se penche maintenant sur son plan de déplacement urbain, qui sera élaboré à l’automne. « La rocade, ça n’a pas marché comme on l’aurait imaginé. Mais si c’était à refaire je le referai car ça a quand même produit des effets positifs », confiait la maire Nathalie Appéré lors de son bilan de mi-mandat. « Il faut une régulation de la place de l’automobile en ville », prévient-elle.