«Copinage présidentiel», «vieilles ficelles»... Le parachutage de Gaspard Gantzer passe mal à Rennes

ELECTIONS Le conseiller communication de François Hollande est candidat de La République en marche dans la 2e circonscription...

C.A.

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Gaspard Gantzer, le conseiller en communication  du président de la République, et François Hollande, à l'Ecole nationale des Chartes, à Paris, le 9 octobre 2015.

Gaspard Gantzer, le conseiller en communication du président de la République, et François Hollande, à l'Ecole nationale des Chartes, à Paris, le 9 octobre 2015. — SIPA

C’est l’un des « gros coups » de La République en marche aux législatives. Gaspard Gantzer, conseiller communication de François Hollande, se présentera aux élections de juin dans la 2e circonscription d’Ille-et-Vilaine. Un territoire qu’il ne connaît, a priori, pas du tout.

« En Bretagne, la politique c’est sérieux »

A Rennes, ce parachutage a été particulièrement mal perçu. A droite comme à gauche, les élus ont été nombreux à commenter cette arrivée surprise, annoncée jeudi. « Cette annonce relève de vieilles ficelles politiciennes, alors que les Français souhaitent un renouvellement de la classe politique », a taclé Bertrand Plouvier. Le leader de la droite rennaise se présente pour la seconde fois sur la seconde circonscription. En 2012, il avait été battu par Nathalie Appéré, devenue maire de Rennes en 2014.

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Cette dernière ne se représentant pas, c’est son amie et proche Gaëlle Andro qui défendra les couleurs du PS, solidement implanté dans la capitale bretonne. D’un tempérament très calme, la candidate a pourtant usé de mots durs pour qualifier l’arrivée de Gaspard Gantzer. « Je suis scotchée et très surprise. En Bretagne, la politique c’est sérieux », a-t-elle déclaré au Télégramme, parlant « d’improvisation ».

Egalement candidat dans la circonscription, Daniel Cueff évoque de son côté un « copinage présidentiel ». « Je pense que les électeurs ne suivront pas ce copinage qui n’augure rien de bon dans une République que l’on veut exemplaire », a-t-il déclaré dans un communiqué.

Mais la nouvelle n’a pas seulement froissé les candidats déjà engagés dans la circonscription. Loïg Chesnais-Girard, bras droit de Jean-Yves Le Drian à la région, s’est notamment fendu d’un tweet acerbe expliquant que ce parachutage n’était « pas sa conception de la politique ». Le ministre de la Défense n’était visiblement « pas au courant ». Le jeune conseiller régional de Saint-Malo Martin Meyrier s’est aussi montré critique, évoquant des « vieilles pratiques politiques méprisables ».

« C’est un très bon candidat »

Sénateur et ancien président du département, Jean-Louis Tourenne assure que Gaspard Gantzer « ne peut rien apporter au département ». Interrogé, le responsable départemental d’En marche ! Florian Bachelier n’est pas de cet avis. « C’est un très bon candidat. Il possède des qualités indéniables et une très forte expérience nationale, avec un très bon réseau. S’il est élu, il va être un atout indéniable pour la circonscription », a-t-il déclaré à Ouest-France.