Rennes: Depuis Bangkok, Pierre-Adrien a parcouru 16.000 km à vélo pour aller voter

AVENTURE Le jeune homme mettra fin à son road trip samedi…

Camille Allain

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Pierre-Adrien a parcouru 16.000 kms à vélo depuis Bangkok jusqu'à Rennes, où il ira voter dimanche.

Pierre-Adrien a parcouru 16.000 kms à vélo depuis Bangkok jusqu'à Rennes, où il ira voter dimanche. — Bangkok Paris by Bike

Ne lui parlez pas d’abstention. Dimanche, Pierre-Adrien ira voter au premier tour de l’élection présidentielle dans son traditionnel bureau de Rennes. Pour s’y rendre, le Rennais enfourchera sans doute son vélo, avec lequel il vient de parcourir plus de 16.000 kilomètres dans le cadre de son voyage Bangkok-Paris by bike.

Parti de Bangkok (Thaïlande), le baroudeur s’était fixé comme objectif d’être rentré à Rennes pour aller voter le 23 avril. « Au départ, je devais arriver à Noël. Mais j’ai eu des soucis de visas, j’ai fait quelques détours. J’ai vu que la date des élections pouvait coller et j’y voyais un beau symbole », explique le cycliste, qui approche actuellement de Vitré et de sa ville natale, Rennes.

« La chance d’être en démocratie »

Etudiant à Sup de Co à Montpellier, Pierre-Adrien a traversé une vingtaine de pays depuis son départ de Thaïlande. Des territoires parfois méconnus, et dont les habitants n’ont parfois jamais entendu parler du droit de vote. « Je trouve le contexte de l’élection présidentielle assez compliqué en France. Mais nous avons la chance d’être en démocratie, d’avoir un engagement citoyen. En Asie centrale, il y a encore beaucoup de dictatures », poursuit le jeune homme.

La dictature n’a cependant pas empêché les habitants d’Iran, du Kazakhstan ou d’Ouzbékistan de lui ouvrir la porte de leur modeste ou de partager leur dîner. « Le vélo, c’est un moyen de locomotion, mais c’est aussi un formidable outil social. Je frappais aux portes et les gens m’ouvraient. J’ai reçu un accueil extraordinaire en Asie ».

Un accueil plus froid en Europe

C’est à son arrivée sur le continent européen que le voyageur a vu la différence. « Dès que j’ai quitté la Turquie pour la Grèce, j’ai dû arrêter d’aller chez les habitants. Plus personne ne voulait m’écouter. » Le jeune homme plantera alors sa tente ici et là, se creusant parfois une place dans la neige avec des températures à -25 degrés.

A la veille de retrouver sa famille et ses amis, Pierre-Adrien garde évidemment des souvenirs inoubliables de ce long voyage, qui l’a « transformé ». « J’ai vu partout des gens chaleureux, bienveillants. J’ai dormi dans des églises, des temples bouddhistes, des mosquées. Je suis plus optimiste sur notre humanité », conclut le cycliste, qui arrivera à Rennes samedi après-midi.