Ligue 1: Pourquoi jouer à huis clos à Saint-Étienne n'enthousiasme guère le Stade Rennais

FOOTBALL Les Rouge et Noir auraient préféré affronter le Chaudron...

Jeremy Goujon

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Duel entre Romain Hamouma et Benjamin André lors de Rennes-Saint-Étienne (2-0), le 4 décembre 2016.

Duel entre Romain Hamouma et Benjamin André lors de Rennes-Saint-Étienne (2-0), le 4 décembre 2016. — D. Meyer / AFP

C’est officiel depuis mercredi, et la décision de l’AS Saint-Étienne « de se désister de l’appel interjeté à l’encontre de la sanction de la LFP » : le match entre les Verts et le Stade Rennais, dimanche (17 h), se jouera à huis clos à Geoffroy-Guichard (à la suite des débordements survenus lors d’ASSE-Lyon, le 5 février). Une situation qui n’arrange pas forcément les Rouge et Noir…

Parce que « Sainté », c’est sacré. Au lendemain de la victoire contre Lille (2-0), samedi dernier, le gardien rennais Benoît Costil avait déjà exprimé sa déception quant au fait de ne pas pouvoir se frotter à l’un des meilleurs publics de l'Hexagone. « Ce huis clos est regrettable, on préférerait jouer dans l’ambiance habituelle à Geoffroy-Guichard, déclarait le portier international auprès de Ouest-France.

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Sincèrement, je ne me réjouis pas du tout de jouer dans un stade vide, surtout à Saint-Étienne. Quand on regarde le calendrier, on se projette sur le plaisir d’aller là-bas. On joue au foot pour vivre ces émotions. Là, elles manqueront. » Son entraîneur, Christian Gourcuff, ne disait pas autre chose jeudi, sur le site officiel du SRFC. « Quand on en arrive à des huis clos, on perd l’essence du football. »

Parce que c’est mieux sur terrain neutre. Dans son histoire récente, autrement dit depuis sa remontée en première division (1994), Rennes n’a disputé que trois rencontres « inhabituelles » de championnat (celles avec virage fermé, comme à Metz le 4 mars 2017, ne sont pas comptabilisées). Deux d’entre elles se sont déroulées sur terrain neutre, pour autant de victoires bretonnes : 0-2 contre Bastia à Gueugnon, le 20 janvier 2013 ; puis 0-1 face à Caen au Mans, le 30 août 2014 (le stade Michel-d’Ornano n’étant pas disponible ce jour-là).

À Nice, en revanche, Costil, Romain Danzé (seuls rescapés de l’effectif actuel) et consorts avaient mordu la poussière dans le contexte cher à Jean-Paul Sartre (2-1, le 17 août 2013). « Je ne pense pas que ce soit un avantage pour nous de jouer à huis clos dimanche », estime Gourcuff père. « J’espère qu’on saura être aussi dynamiques et actifs que contre Lille, dans une ambiance particulière parce qu’il n’y en aura pas », escompte, lui, Benoît Costil.

Parce que rebelote la semaine suivante. Le Stade Rennais va devoir attendre la réception de Montpellier, le 7 mai (15 h), pour ne plus avoir The Sound of Silence dans les oreilles. Réunie jeudi soir, la commission de discipline de la Ligue a en effet pris des mesures conservatoires vis-à-vis du SC Bastia, lequel était censé accueillir le club breton le 29 avril. Après les graves incidents du week-end précédent à Furiani, le prochain match à domicile des Corses a ainsi été délocalisé « sur un terrain neutre à huis clos ».

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Pour ne plus entendre les mouches voler, il faudra donc patienter jusqu’à la venue du MSHC au Roazhon Park… à moins que le RCK, principal groupe de supporters rouge et noir, poursuive la grève des encouragements entamée face au LOSC. Et se réserve désormais exclusivement pour la… réserve bretillienne.