Bretagne: Les éleveurs en ont marre d’être pris pour des lapins

AGRICULTURE La filière cunicole a mené une opération d’étiquetage ce jeudi dans une grande surface à Rennes…

Jérôme Gicquel

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Une vingtaine d'éleveurs ont rencontré le directeur de l'Intermarché pour lui faire part de leurs difficultés.

Une vingtaine d'éleveurs ont rencontré le directeur de l'Intermarché pour lui faire part de leurs difficultés. — J. Gicquel / APEI / 20 Minutes

  • Les éleveurs de lapins réclament une revalorisation du prix d’achat de la viande
  • Ils ont mené une opération d’étiquetage dans une grande surface

A chaque filière ses difficultés en Bretagne. Ce jeudi matin, ce sont les éleveurs de lapins qui ont mené une action d’étiquetage dans les rayons de l’Intermarché des Longs Champs à Rennes. Venus de toute la Bretagne, ils entendaient dénoncer la crise que traverse la profession depuis plusieurs mois. « C’est bien simple, on n’arrive plus à vivre de notre travail. Je travaille près de 80 heures par semaine pour gagner à peine un Smic », souligne Magalie Petit, éleveuse installée à Landéhen dans les Côtes d’Armor.

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Une revalorisation du prix de 20 centimes par kilo

Comme dans les filières porcines ou laitières, ce sont les grandes et moyennes surfaces (GMS) qui sont dans le collimateur des éleveurs. Ces derniers les accusent de ne pas rémunérer correctement le prix de la viande. « Le lapin est actuellement vendu 1,70 euro le kilo, ce qui nous permet à peine de payer nos charges. Nous réclamons une revalorisation de 20 centimes du kilo, soit une augmentation de 50 centimes pour le consommateur pour un lapin entier acheté », indique Frédéric Blot, éleveur à Argentré-du-Plessis et président de la section lapin à la Fédération régionale des syndicats d’exploitants agricoles (FRSEA).

Une opération d'étiquetage des produits a été menée par les éleveurs.
Une opération d'étiquetage des produits a été menée par les éleveurs. - J. Gicquel / APEI / 20 Minutes

« Si rien ne bouge, c’est toute la filière qui va mourir », poursuit le syndicaliste. Fragilisée par la hausse du prix des matières premières depuis une dizaine d’années, notamment de la luzerne et des betteraves, la filière cunicole a déjà laissé beaucoup de monde sur le carreau. Il y a dix ans, la Bretagne comptait ainsi entre 250 et 300 éleveurs de lapins. « Nous ne sommes plus que 120 », regrette Frédéric Blot.

La viande de lapin très peu consommée en France

Outre la revalorisation des prix, la filière demande aussi aux GMS que la viande de lapin soit mieux valorisée dans les rayons. « Mais vous savez comme moi que la consommation de viande baisse en Bretagne et que le lapin reste un marché de niche », leur a répondu le directeur de l’Intermarché visé par cette action. Selon une étude de l’Institut national de recherche agronomique (Inra) parue en 2014, la consommation de lapin n’était que de 1,2 kilo par habitant et par an, contre 36 kilos pour le porc et 26 kilos pour la volaille.

« Pour beaucoup de consommateurs, le lapin est une viande qui est longue à cuire. Mais c’est à la grande distribution justement de s’adapter aux attentes du client en proposant par exemple des filets ou des émincés comme pour les autres viandes », suggère Magalie Petit. Une nouvelle action des éleveurs est prévue ce jeudi en fin de journée dans une grande surface de la région nantaise.