Nathalie Appéré: «60% de nos propositions ont déjà été mises en œuvre»

INTERVIEW La maire de Rennes revient sur les trois premières années de son mandat…

Propos recueillis par J. Gicquel et C. Allain

— 

La maire de Rennes Nathalie Appéré, ici en mars 2016, en marge de la visite de la ministre du logement Emmanuelle Cosse.

La maire de Rennes Nathalie Appéré, ici en mars 2016, en marge de la visite de la ministre du logement Emmanuelle Cosse. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

Elue maire le 4 avril 2014, la socialiste Nathalie Appéré entame cette semaine la seconde partie de son mandat de six ans. Ambition nationale, dossiers locaux, moments douloureux et bons souvenirs… La première femme maire de Rennes s’est confiée à 20 Minutes.

Trois ans après votre élection, quel bilan tirez-vous ?

Il n’y a pas eu de trêve ou de temps mort. Nous avons été élus sur un programme comprenant 411 propositions. 60 % ont déjà été mises en œuvre et d’autres vont l’être sur cette deuxième partie de mandat. J’en rendrai compte en septembre avec des réunions dans chaque quartier sur le modèle de la Fabrique Citoyenne. Cette transparence est aussi une réponse à la défiance vis-à-vis du personnel politique.

Quelles mesures restent à mettre en œuvre ? 

On a posé les premières pierres sur la première partie du mandat, on aura les livraisons sur la seconde partie. Ces chantiers majeurs comme la ligne B du métro, EuroRennes, le centre des congrès, le bassin nordique à Bréquigny, le nouvel Antipode ou le déménagement du cinéma Arvor vont profondément transformer Rennes. On se projette aussi vers l’avenir avec la création du nouveau CHU ou la rénovation des quartiers. Ce développement doit se faire au bénéfice de tous, sans discrimination. J’aurais réussi ma mission si les gamins qui habitent Maurepas ou Le Blosne profitent aussi de toute cette transformation de Rennes.

Quel regard portez-vous sur les difficultés dans ces quartiers ?

Il n’y a pas de croissance importante des faits de délinquance, mais il est vrai qu’il y a des phénomènes prégnants nouveaux qui nécessitent une action particulière, comme le trafic de stupéfiants dans les quartiers ou à République. Nous avons augmenté le nombre de policiers municipaux, élargi leurs horaires et créé un médiateur canin. Je recherche le travail en commun, la coopération.

Votre priorité ira à ces quartiers ?

Ma priorité va à l’éducation et aux questions d’égalité, à l’accessibilité des quartiers à travers le développement de l’emploi et des transports. J’ai une vraie confiance dans le dynamisme du territoire rennais mais je garde une attention permanente à ce que ce développement ne laisse personne au bord du chemin.

Quel est votre souvenir le plus douloureux pendant ces trois ans ?

Le printemps a été très difficile. Le contexte de manifestations violentes et de débordements a été extrêmement dur. J’ai été mobilisée en permanence avec une volonté d’apaisement mais ça a été une période très complexe sur le plan national et qui a été traumatisante pour Rennes et ses habitants. J’ai ressenti de la colère, de la consternation.

Il y a aussi eu beaucoup de moments sympas. J’ai souvent des coups de cœur autour des manifestations culturelles, notamment ce qu’on a réussi autour des dimanches, qui s’affirment comme des moments de culture partagés. Le moment où l’on signe avec le président de la République les 500 millions pour investir sur 10 ans pour Maurepas et Le Blosne, c’était aussi un moment très important.

Et le vif débat autour de l’abaissement de la vitesse sur la rocade ?

J’ai pris des coups dans cette affaire. Mais si c’était à refaire, je le referais. Les conséquences sur la santé des Rennais des émissions des gaz à effets de serre ou de particules fines n’ont pas changé. Nous devons y trouver des solutions. Nous ferons des propositions concrètes lors de la rénovation du plan de déplacement urbain à l’automne. Il y a de nouvelles solutions à inventer sur les mobilités.

Briguerez-vous un second mandat en 2020 ?

J’ai fait le choix de me consacrer au mandat de maire et de ne pas briguer un nouveau mandat de député comme je l’avais annoncé dès mon élection. Quand je parle de mon ambition pour Rennes et les Rennais, c’est évidemment parce que j’inscris cette action dans la durée. Nous portons un projet avec des réflexions nouvelles sur la rénovation urbaine, les nouvelles formes architecturales ou la reconquête de la Vilaine. Ce projet, je le porte totalement aujourd’hui et pour l’avenir.