Rennes: Après les télés et machines à laver, Envie va retaper des fauteuils roulants

SOLIDARITE Le réseau d’insertion veut éviter le gaspillage de matériel médical…

Camille Allain

— 

Ergothérapeute, Sylvain Rouaud pilote le réseau Envie Autonomie à Rennes, qui remet sur pied du matériel médical.

Ergothérapeute, Sylvain Rouaud pilote le réseau Envie Autonomie à Rennes, qui remet sur pied du matériel médical. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

A sa création en 1994, l’entreprise d’insertion Envie avait choisi de remettre sur pied des personnes en précarité en leur offrant un job de recyclage des appareils électroménagers. Après avoir bricolé des machines à laver, des réfrigérateurs et des télés, Envie vient de se lancer un nouveau défi en créant une branche « autonomie ». Objectif : donner une seconde vie aux fauteuils roulants ou lits médicalisés à l’abandon.

Jetés, faute de débouchés

« La durée d’utilisation de ces équipements est souvent assez courte. Et quand ils ne servent plus, ils viennent surtout encombrer les garages ou les greniers », résume Ludovic Blot, directeur de Ressources T, entreprise qui pilote le réseau Envie. En Ille-et-Vilaine, Emmaüs récolte à lui seul un container par mois de matériel médical. Des équipements qui partaient bien souvent à la benne, faute de débouchés. « C’est dommage, parce qu’il y a des gens qui en ont besoin », poursuit le directeur. Dans certains hôpitaux ou maisons de retraites, des dizaines de fauteuils inutilisés dorment dans la poussière.

Si les équipements classiques sont pris en charge par la Sécurité sociale, les familles confrontées au handicap doivent quand même payer de leur poche pour s’équiper. « Nous n’avons pas vocation à remplacer l’achat de matériel neuf mais plutôt à devenir un second achat. Quand un enfant est accueilli en institution, la CPAM paye pour l’équiper sur place. Mais pour la maison, il faut tout racheter. Imaginez si le couple est divorcé… », glisse le patron d’Envie.

50 % moins cher que le neuf

Rue de la Donelière depuis lundi, une équipe de neuf personnes s’attelle à réceptionner le matériel usagé pour le remettre sur pied, sous le regard attentif de Sylvain Rouaud, ergothérapeute de formation. « L’objectif, ce n’est pas de faire du réemploi dans de mauvaises conditions. Un matériel inadapté peut encore accentuer un handicap », explique le professionnel. Lit médicalisé, fauteuil, scooter électrique ou encore matériel d’hygiène seront proposés à la vente, directement sur le site du 12, rue de la Donelière. « On est 50 % moins chers que le neuf, avec des garanties », promet l’ergothérapeute.