Rennes : Des chercheurs travaillent sur «le lait idéal» pour les bébés

SCIENCES La capitale bretonne abrite un important laboratoire de recherche…

Camille Allain

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Une mère donne le biberon à son enfant, le 8 octobre 2012 à Paris.

Une mère donne le biberon à son enfant, le 8 octobre 2012 à Paris. — FRED DUFOUR / AFP

Leur job, c’est d’étudier notre estomac et nos intestins. Enfin plutôt ceux des personnes réputées fragiles comme les nouveau-nés ou les seniors. Les membres de l’unité de recherche « Science et technologie du lait et de l’œuf » de Rennes travaillent sur des mécanismes bien complexes qui pourraient s’avérer essentiels dans la mise au point d’un « lait infantile idéal ».

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Face aux intolérances aux produits laitiers de plus en plus fréquentes, les scientifiques aimeraient comprendre le mécanisme de la digestion, afin de mettre au point des produits plus adaptés. C’est le cas notamment des laits infantiles. « Les industriels ont fait de gros efforts pour mimer le lait maternel, mais il reste encore de grandes différences. Les laboratoires utilisent du lait de vache, mais aussi des huiles végétales pour l’apport de protéines, car elles sont moins chères et plus faciles à obtenir », explique Didier Dupont, chercheur à l’Institut national de la recherche agronomique (INRA).

Des études sur des prématurés

Les scientifiques viennent notamment de boucler une étude menée sur 12 enfants nés prématurément à l’Hôpital Sud de Rennes. « Ils ont besoin de rattraper leur retard de poids. En accélérant leur digestion, on peut peut-être les aider », poursuit Didier Dupont.

A Rennes, l'INRA dispose d'une plateforme lait permettant de créer toutes sortes de produits laitiers.
A Rennes, l'INRA dispose d'une plateforme lait permettant de créer toutes sortes de produits laitiers. - C. Allain / APEI / 20 Minutes

Par ces travaux, les chercheurs de l’INRA et d’Agrocampus aimeraient aider les industriels à reconstituer un lait le plus proche possible du lait maternel, que l’Organisation mondiale de la santé recommande pendant au moins six mois. « Pour les défenses immunitaires, jamais nous n’arriverons à reproduire la même chose. C’est inimaginable », expliquait l’an dernier le docteur Alain Dabadie, pédiatre au CHU de Rennes.

N’empêche, des progrès pourraient être rapidement établis. Notamment dans le « traitement thermique ». Pour limiter le risque de contamination et tuer les bactéries, les industriels chauffent leur lait. « Parfois jusqu’à sept fois. Les protéines sont modifiées. On se demande d’ailleurs si cela pourrait expliquer l’augmentation du nombre d’allergies à la caséine (protéine qui donne sa couleur blanche au lait) », interroge Didier Dupont.

Les chercheurs rennais auront l’occasion d’étaler leur savoir-faire à l’occasion d’une conférence internationale sur la digestion des aliments, qui se déroulera du 4 au 6 avril à Agrocampus.