Bretagne: Grain de Sail invente un cargo à voile pour importer son cacao et son café

ECONOMIE La société basée à Morlaix veut limiter son empreinte carbone…

Camille Allain

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Le président de Grain de Sail Francois Liron (à droite), ici avec le chocolatier Sébastien Renat. Lancer le diaporama

Le président de Grain de Sail Francois Liron (à droite), ici avec le chocolatier Sébastien Renat. — Franck Betermin

Aujourd’hui, son cacao et son café sont noyés au milieu d’immenses conteneurs, où s’entassent des tonnes de produits transportés sur de gigantesques cargos. Demain, elle espère importer ses denrées elle-même, dans son bateau à voile. Installée à Morlaix (Finistère), la société Grain de Sail a un projet hors du commun. Elle veut mettre au point un «cargo à voile» qui lui permettra d’acheminer elle-même ses matières premières en traversant l’Atlantique. «Nous avons toujours eu cette idée en tête», assure Jacques Barreau, l’un des trois membres forts de la société.

Vue des cales du cargo à voile Votaan 72 imaginé par la société Grain de Sail.
Vue des cales du cargo à voile Votaan 72 imaginé par la société Grain de Sail. - DR

Née en 2013, Grain de Sail (naviguer en anglais) a d’abord développé une gamme de café, «un produit relativement facile à travailler», avant de lancer ses tablettes de chocolat en 2015. «Avant de construire un bateau, il fallait que l’on s’assure que nos produits plaisent», poursuit Jacques Barreau. Distribués dans 150 supermarchés de Bretagne, les produits de Grain de Sail ont visiblement trouvé leur public. L’entreprise vend chaque mois 2,5 tonnes de chocolat et 1,5 tonne de café.

Trente cinq tonnes de marchandises

Accompagné de son frère et du navigateur François Liron, cet ancien ingénieur en éolien offshore a donc entrepris de développer un bateau qui n’existe pas. Un voilier de 22 mètres capable d’embarquer 35 tonnes de marchandises dans ses cales. «Le design est arrêté, nous sommes prêts à lancer la construction», assure Jacques Barreau. Evalué à un million d’euros, le voilier appelé Votaan 72 est actuellement en cours de financement et pourrait naviguer à partir de 2019, si les banques acceptent de suivre.

Deux fois par an, trois marins effectueront la traversée de l’Atlantique au départ de Morlaix, les cales pleines de vin et d’alcool français. «Nous ferons d’abord cap vers New York, avant de redescendre aux Antilles et en Amérique du Sud, sans doute en Colombie». Le bateau fera ensuite route vers Morlaix, les cales chargées de cacao et de café.

Jacques Barreau de la société Grain de Sail, ici lors du travail sur le projet de cargo à voile.
Jacques Barreau de la société Grain de Sail, ici lors du travail sur le projet de cargo à voile. - Franck Betermin

Ce voyage de deux mois devrait générer un léger surcoût sur chaque produit, sans pour autant faire exploser le budget. «On enlève des intermédiaires et on maîtrise tout notre approvisionnement nous-mêmes. Une tablette de chocolat coûtera cinq à dix centimes d’euros de plus, ce n’est rien». Le prix de l’aventure. Grain de Sail espère débuter la construction de son bateau dans moins d’un an.