De Rennes à New York, le fabuleux destin de Charles-Edouard Catherine

SOLIDARITE Non-voyant et directeur de l’ONG Surgeons of Hope, le jeune homme a été mis à l’honneur ce mardi au Quai d’Orsay…

Jérôme Gicquel

— 

Charles-Edouard Catherine, ici dans les rues de New York.

Charles-Edouard Catherine, ici dans les rues de New York. — Charles-Edouard Catherine

A 28 ans, Charles-Edouard Catherine a déjà un agenda de ministre. Arrivé vendredi de New York où il réside, le jeune homme s’est offert un week-end express à Rennes pour voir sa famille avant de gagner Paris pour recevoir ce mardi soir le trophée des Français de l’étranger (catégorie social et humanitaire) dans les prestigieux salons du Quai d’Orsay. « Et je repars aux Etats-Unis dans la foulée », sourit Charles-Edouard, attablé dans une célèbre brasserie rennaise.

Cette récompense vient mettre en lumière le parcours assez détonnant de ce jeune Rennais malvoyant, qui dirige désormais les destinées de Surgeons of Hope (chirurgiens de l’espoir), une ONG américaine spécialisée dans le mécénat en chirurgie cardiaque pédiatrique en Amérique Latine. « Grâce aux dons récoltés, nous avons pu opérer 400 enfants l’an dernier au Nicaragua et au Costa Rica et ainsi leur sauver la vie », explique-t-il en toute humilité.

Une ONG inspirée par Médecins sans frontières

Rien ne prédestinait pourtant le jeune homme à embrasser une carrière dans le domaine de l’humanitaire et de la santé. Après une scolarité classique à Rennes, Charles-Edouard intègre « un peu par hasard » l’école Sciences Po à Bordeaux. « Je voulais travailler dans les relations internationales », souligne-t-il. Après un an en Suède, il s’envole pour les Etats-Unis et trouve le grand amour dans le métro new yorkais.

Enchaînant les petits boulots dans des start-ups, il commence à réseauter dans les cercles new yorkais et rencontre lors d’une soirée des membres du conseil d’administration de Surgeons of Hope. « Je suis tombé au bon moment et au bon endroit car le directeur de l’ONG partait à la retraite. Ils cherchaient quelqu’un de plus jeune, polyglotte et si possible français pour rappeler que l’ONG s’est inspirée de modèles comme Médecins sans frontières ou La chaîne de l’espoir », raconte Charles-Edouard, qui a pris ses fonctions de directeur le 1er janvier 2014.

Des résultats probants depuis sa nomination

Et les résultats ne se sont pas fait attendre. « On a depuis réussi à doubler le budget de l’ONG, à augmenter considérablement le nombre de diagnostics et d’opérations et à réduire le taux de mortalité », indique fièrement le jeune homme, qui a fait de son handicap une force.

« J’ai appris à m’en libérer et je me sens très à l’aise maintenant. Cela permet de briser la glace plus facilement avec mes interlocuteurs », assure Charles-Edouard, louant au passage le travail de ses équipes. « Ce sont les médecins les vrais héros, ils donnent de leur temps bénévolement pour sauver des enfants. Ils sont formidables ! ».