Essai clinique à Rennes: Un an après, Biotrial peine à se relever

SANTE Un homme de 49 ans était décédé il y a un lors d’un essai clinique…

C.A. avec AFP

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Jean-Marc Gandon, fondateur et président du centre d'essais cliniques Biotrial, à Rennes.

Jean-Marc Gandon, fondateur et président du centre d'essais cliniques Biotrial, à Rennes. — Damien Meyer / AFP

C’était il y a un an, jour pour jour. Guillaume Molinet, âgé de 49 ans, décédait au CHU de Rennes, sept jours après sa prise en charge à l’hôpital. Volontaire sain, l’homme s’était plaint de maux de tête alors qu’il participait à l’essai clinique d’une molécule élaborée par le laboratoire portugais Bial et testée au centre d’essais Biotrial, à Rennes.

« Trois quarts des contrats ont disparu »

Souvent pointée du doigt et accusée de « manquements majeurs », la société a vu une grande partie de ses clients suspendre leurs essais. « Trois quarts des contrats ont disparu en 15 jours », témoigne Jean-Marc Gandon, président de Biotrial. En 2016, 60 études de phase 1 (quand les molécules sont testées sur l’homme) devaient avoir lieu dans le centre rennais, équipé de 140 lits et disposant d’une base de 56.000 volontaires. « On en a fait six », résume ce pharmacien, qui a fondé Biotrial en 1989.

Le centre s’est pourtant toujours défendu de toute erreur. « Quelles que soient les circulaires ministérielles, quelles que soient les IRM ou les autres examens biologiques, nous n’aurions pu détecter cette anomalie endocrânienne », martèle Jean-Marc Gandon.

« C’est tout le temps dans les conversations »

L’accident a également jeté un grand froid au sein du centre d’essais, qui emploie 250 personnes, dont 180 à Rennes. « C’est quelque chose qui est tout le temps dans les conversations », reconnaît Pascale, coordinatrice de l’unité clinique. Visiblement ébranlée, elle peine toujours à expliquer le drame. « On a une réglementation très sévère qu’on applique à la lettre », assure l’infirmière.

Face aux craintes de ses clients, son employeur a dû rapidement s’organiser. L’activité de phase 1, qui représentait 40 % du chiffre d’affaires, est tombée à 4 %, les clients ayant préféré « quitter la France et ses lourdeurs réglementaires », selon Jean-Marc Gandon. Biotrial compte désormais sur son nouveau centre d’essais américain, inauguré en septembre à Newark, près de New York. La société aurait également des vues sur le marché asiatique. En attendant de regagner la confiance des clients européens.