Comment la grande distribution bretonne veut inventer le magasin de demain

CONSOMMATION L’Ademe a lancé un appel à projets pour tenter d’innover…

Camille Allain

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L'Ademe a lancé un nouvel à projets dans la grande distribution.

L'Ademe a lancé un nouvel à projets dans la grande distribution. — ROMUALD MEIGNEUX/SIPA

Temples de la consommation, les supermarchés ne sont pas réputés pour être des modèles de respect de l’environnement. Frigos ouverts, gaspillage alimentaire, éclairage à outrance… La grande distribution ne s’est jamais réellement souciée de son empreinte. La tendance est pourtant en train de changer.

« Un secteur extrêmement concurrentiel »

En Bretagne, où sont nées les enseignes Leclerc et Intermarché, l’Ademe vient de lancer un appel à projets à destination des supermarchés pour inventer « le magasin de demain ». « Nous voulons amener les grandes surfaces à innover. C’est un secteur extrêmement concurrentiel où tout le monde se regarde », explique Gilles Petitjean, directeur régional de l’Ademe.

La structure publique ne se fait pas d’illusion. Si elle veut convaincre la grande distribution de faire des efforts, il ne faut pas que le client soit impacté. « Un magasin ne prendra jamais le risque d’enlever des tomates en hiver parce que ce n’est pas la saison. Il aurait trop peur que le client aille voir ailleurs », poursuit Sophie Plassart, en charge du projet.

Dans la région, plusieurs directeurs ont déjà compris l’intérêt qu’ils avaient à réduire leur empreinte énergétique. Certains ont mené d’importants travaux d’isolation ou amélioré l’éclairage. D’autres proposent des smoothies avec les fruits abîmés. « Un magasin de Pontivy propose aussi des caddies vélo pour les clients », ajoute Sophie Plassart.

Directeur du Super U d’Erquy, Frédéric Laigo a entièrement reconstruit son magasin en 2013. Il en a profité pour multiplier les innovations. « Le monde évolue, il faut s’adapter », explique le directeur, qui est clair sur ses intérêts. « Quand on isole mieux, que l’on met des ampoules Led, on attend un retour sur investissement. On le fait pour le portefeuille ». Alors qu’il a doublé sa surface de vente, le directeur a réussi à réduire sa facture énergétique.

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Dans son magasin, Frédéric Laigo s’est également attaqué au gaspillage alimentaire. « On jetait 120 tonnes par an ». En proposant des produits en date courte à moitié prix et en instaurant une chaîne de redistribution aux associations, le magasin U d’Erquy a réduit ses quantités gaspillées à 70 tonnes et économise au passage 68.000 euros par an. « Et on peut encore faire mieux », assure le directeur. Une dizaine de magasins seront recrutés par l’Ademe dans le cadre de cet appel à projets.