Rennes : Les vélos en libre-service du Star vont-ils disparaître ?

TRANSPORTS Le service coûte cher à la métropole, qui réfléchit aux suites à donner...

Camille Allain

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Des vélos en libre-service de Keolis. Ici le Vélo Star, devant les Champs Libres à Rennes.

Des vélos en libre-service de Keolis. Ici le Vélo Star, devant les Champs Libres à Rennes. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

En 1998, Rennes était la première ville à s’équiper de vélos en libre-service, bien avant Paris et son Vélib’. Porté par Clear Channel, le projet n’avait cependant jamais pris son envol et avait été remplacé en 2009 par le service Le Vélo Star, confié à l’opérateur Keolis. Près de vingt ans après sa création, le vélo en libre-service serait-il menacé de disparition ? Pas impossible, à en croire les élus de la métropole.

« Pas suffisant pour développer la pratique du vélo »

Le bail de Keolis à la tête des transports en commun arrivant bientôt à son terme, la métropole va devoir se pencher sur les propositions de l’opérateur actuel, mais aussi de ses concurrents. Et le coûteux vélo en libre-service pourrait en faire les frais, comme le révélait Le Mensuel de Rennes. « Rien n’est acté. Le libre-service a longtemps été nécessaire mais il n’est pas suffisant pour développer la pratique du vélo », explique Jean-Jacques Bernard, en charge des transports à la métropole.

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Le problème est assez simple. Chaque vélo de Keolis coûte 2.200 euros par an. « C’est très cher et ça ne dope pas la pratique du vélo. On en voit de moins en moins rouler », constate l’élu. A l’inverse, les vélos électriques proposés à la location longue durée sont de plus en plus visibles dans les rues de Rennes. La livraison de 1.000 vélos supplémentaires n’aura pas suffi à satisfaire la demande et la liste d’attente est déjà longue. « Il nous faut réorienter les crédits vélo là où c’est efficace », tranche Jean-Jacques Bernard. Même l’association de cyclistes Rayons d’Action s’interroge sur l’avenir du service.

Si le vélo en libre-service coûte cher (un peu moins de deux millions d’euros par an), il reste cependant apprécié par certains usagers fidèles. Des noctambules, qui l’enfourchent tard dans la nuit, aux occasionnels qui attendent les beaux jours pour grimper sur sa selle. « 93 % des usagers sont Rennais. Il nous faut garantir ces usages, surtout pour ceux qui n’ont pas un garage sécurisé pour garder leur vélo, mais en l’adaptant », assure Jean-Jacques Bernard.

Il reste encore quelques mois à la métropole et à Keolis pour trouver la bonne recette. On peut déjà craindre a minima la fermeture des stations Vélo Star les moins utilisées. Car seules celles de l’hypercentre sont régulièrement empruntées.