Des scientifiques à l'observatoire des sciences de la terre à l'université de Strasbourg.
Des scientifiques à l'observatoire des sciences de la terre à l'université de Strasbourg. - G . VARELA / 20 MINUTES

Les semaines se suivent et les séismes se multiplient en Bretagne. Après avoir connu quatre tremblements de terre en novembre et décembre, la région vient d'être secouée à deux reprises ce week-end. Avant la secousse enregistrée à 3,7 samedi près de Pontivy, un important séisme avait fait vibrer le nord de Brest le 11 décembre. Magnitude enregistrée : 3,9 sur l’échelle de Richter. Pas de quoi faire chuter un Finistérien, même à 23h, mais suffisant pour être ressenti de l’île d’Ouessant jusqu’à Morlaix.

« Ce n’est pas nouveau »

Cette série de petits séismes laisse-t-elle présager un Big One en Bretagne ? « Non », répond le sismologue Jérôme Vergne, membre de l’École et observatoire des sciences de la terre de Strasbourg. « Quand ils sont localisés dans une même région, on appelle ça une séquence de séismes. On en a assez régulièrement en France métropolitaine. Ce n’est pas nouveau et ça n’a rien d’alarmant. Ce n’est pas annonciateur d’un puissant séisme », poursuit le sismologue.

La péninsule bretonne n’est donc pas près de se détacher du continent, contrairement à ce qu’ont fait remarquer certains internautes, non sans humour. Les habitants ont cependant été nombreux à réagir dimanche. Un peu plus 220 messages ont été laissés en quelques heures sur le site France Séisme.

« On pourrait voir une magnitude 6 »

Si le risque du Big One est écarté, la région pourrait tout de même être le théâtre de tremblements de terre générant de gros dégâts, voire des victimes. « On n’atteindra jamais une magnitude 7 comme en Californie ou au Japon. Mais on pourrait voir une magnitude 6. C’est ce qui s’est produit en Italie », rappelle Jérôme Vergne. En août, près de 300 personnes avaient perdu la vie dans la région d’Amatrice.

Pour les scientifiques, la Bretagne fait cependant figure d’énigme. S’ils ont clairement identifié les failles provoquant ces tremblements de terre, les sismologues continuent de creuser pour connaître les origines de ces mouvements. « On a longtemps pensé que c’était lié à une déformation liée à la poussée de la plaque africaine. Mais ce n’est qu’une tentative d’explication parmi d’autres », poursuit le sismologue strasbourgeois.

La présence d’une très vieille calotte glaciaire pourrait également expliquer cette fragilité de la croûte terrestre. Tout comme la présence d’une très ancienne chaîne de montagnes (le massif hercynien, apparu il y a 300 millions d’années) qui s’étend de la Bretagne au Massif Central.

Mots-clés :