Open data : Pourquoi Rennes veut donner ses données

NUMERIQUE La ville a lancé une nouvelle interface pour promouvoir ses données publiques…

Camille Allain

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Image extraite du nouveau site d'open data de Rennes Métropole.

Image extraite du nouveau site d'open data de Rennes Métropole. — Capture d'écran

On parle « d’open data » ou « d’ouverture des données publiques » en français. Pionnière dans le domaine en 2010, la ville de Rennes a vu de nombreux développeurs s’emparer de ses données pour les transformer en applications fort utiles : horaires de bus, disponibilité des Vélostar, emplacement des parkings et nombre de places disponibles, carte des toilettes publiques… Pendant des mois, les geeks s’en sont donné à cœur joie pour transformer de simples fichiers Excel en outil du quotidien.

« Nous voulions simplifier le processus »

Six ans après la première libération de données, le phénomène semblait se tasser un peu. Pour le relancer, la métropole a décidé de revoir entièrement son site en offrant une nouvelle interface. « En 2010, nous avions vu les spécialistes se saisir des données, mais ça restait peu lisible. Nous voulions simplifier le processus pour le rendre accessible au plus grand nombre », explique Hervé Letort, vice-président de Rennes Métropole en charge de la communication.

Les tableurs Excel ont donc disparu depuis quelques jours pour laisser placeau logiciel OpenDataSoft. « C’est beaucoup plus simple pour travailler », confirme Sylvain Huot. Ce développeur indépendant avait lancé l’application Y’A D Frites à Saint-Malo, afin de fournir le menu des cantines de la ville. Grâce aux données de Rennes Métropole, il a pu lancer la version rennaise en quelques heures seulement. « Pour moi développer, c’est une passion. Je m’interroge régulièrement sur ce qui pourrait être utile aux gens, leur rendre service. C’est de là que les idées viennent », explique le programmeur.

Rendue obligatoire par la loi, la publication de données publiques a rendu service à de nombreuses institutions. A Rennes, le transporteur Keolis s’est inspiré du travail mené par des habitants pour développer son propre outil. « Nous espérons voir émerger des services nouveaux. L’open data, c’est un minerai très riche. Il n’y a qu’à savoir le transformer », poursuit Hervé Letort.

Près de 200 jeux de données disponibles

A l’heure actuelle, la métropole rennaise propose environ 200 jeux de données, du nombre de naissances et mariages au calcul d’itinéraires à vélo, en passant par le nombre de livres des bibliothèques. Deux passionnés avaient même entamé une cartographie des 700.000 ouvrages des Champs Libres.

Illustration de l'open data avec un homme tenant un smartphone devant un bus du Star à Rennes.
Illustration de l'open data avec un homme tenant un smartphone devant un bus du Star à Rennes. - C. Allain / APEI / 20 Minutes