Cinq choses à savoir sur le président de Guingamp Bertrand Desplat, l'Astérix de la Ligue 1

FOOTBALL Le patron de l'EAG est devenu le meilleur ennemi de Jean-Michel Aulas...

Jeremy Goujon

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Le président de l'En Avant de Guingamp, Bertrand Desplat.

Le président de l'En Avant de Guingamp, Bertrand Desplat. — F. Tanneau / AFP

Nous sommes en 2015 après Jésus-Christ. Toute la Ligue 1 a adhéré au syndicat Première Ligue… Toute ? Non ! Un petit village d’irréductibles Guingampais résiste encore et toujours aux gros clubs du championnat. Et la vie n’est pas facile pour Jean-Michel Aulas & co, encore plus depuis l’Assemblée générale avortée de la LFP. La faute à Bertrand Desplat (46 ans), le président de l’EAG. Bertrand qui ?

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  • Il est le gendre de Noël Le Graët

Étudiant à l’École supérieure de commerce de Brest, Bertrand Desplat y fait la rencontre de sa future épouse, Servane Le Graët, fille de Noël, alors patron de l’En Avant de Guingamp. Après des débuts au sein de la filiale française de Procter & Gamble (géant US des biens de consommation courante), il retourne en Bretagne en 2002 pour fonder, avec son beau-père, le groupe Fipêche, spécialisé dans la transformation des produits de la mer.

Membre du conseil d’administration de l’EAG dès 2003, Desplat prend les rênes du club costarmoricain lorsque beau-papa devient le boss de la FFF, en juin 2011. Cinq ans plus tard, les deux hommes seraient « en froid pour raisons personnelles », selon le JDD. « Il veut s’émanciper du grand dirigeant qu’est Noël Le Graët », avance de son côté Jean-Michel Aulas. Vous avez dit « Diviser pour mieux régner » ?

  • Il est président à plein temps depuis février 2015

Devenu à la fois chef d’entreprise et président de club de football, Bertrand Desplat abandonne la première casquette quelques heures avant un 16e de finale retour de Ligue Europa à Kiev. Cette décision fait suite à la nomination de sa belle-soeur au poste de directrice générale de la holding Le Graët. Des histoires de famille qui, déjà à l’époque, avaient fait naître des soupçons de tension à l’intérieur du clan. « Il n’y a aucun problème », balaya Noël Le Graët.

  • Il aurait pu jouer dans Bienvenue chez les Ch’tis

S’il est désormais associé à Guingamp, Bertrand Desplat n’en oublie pas pour autant ses racines nordistes. Originaire d’Arras (Pas-de-Calais) et supporter du RC Lens dans son enfance, il se définit par conséquent « comme un bon mélange des cultures ». « Je suis Ch’ti de naissance et de cœur, mais aussi Breton d’adoption et de mentalité aujourd’hui, poursuit-il dans La Voix du Nord. Les deux pays (sic) sont assez proches. Des régions de travail avec des gens simples, qui ne trichent pas. »

  • Il est aussi bankable qu’Alexandre Desplat

Tandis que son homonyme de compositeur de musique de films (aucun lien de parenté) accumule les récompenses, le « palmarès » de Bertrand Desplat vaut également le détour : montée en Ligue 1 (2013), victoire en finale de Coupe de France (2014), épopée européenne inédite pour un club breton (2015)…

Des succès sportifs, donc, mais aussi une modernisation de l’En Avant de Guingamp qui inspire le respect. « En cinq ans, le club a renforcé sa solidité financière en multipliant son budget par deux, et ses fonds propres par quatre […] Près de dix millions d’euros ont été investis dans divers projets d’envergure, dont la transformation du Roudourou, qui dispose désormais de la licence UEFA, et la construction d’un complexe d’entraînement et de compétition pour l’Akademi EAG [le centre de formation] », peut-on lire sur le site officiel des Rouge et Noir.

  • Il a au moins un ennemi à Guingamp

Derrière ce tableau idyllique, s’élèvent tout de même quelques voix discordantes (ce ne serait pas drôle, si non). Pour ses détracteurs, Bertrand Desplat est surtout un communicant hors pair qui adore jouer sur la corde sensible du « petit club familial », et ce, jusqu’à l’excès - ce qui expliquerait sa posture actuelle de David contre Goliath.

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Mais ceci n’est finalement rien comparé aux critiques d’un ancien joueur de Guingamp ayant eu Desplat pour président, joint ce mardi par 20 Minutes : « Quand il voulait nous mettre un coup de pression à la mi-temps d’un match, ça rentrait dans une oreille et ça sortait de l’autre ». Voilà Desplat habillé pour l’hiver.