Rennes: Le vélo peut-il sauver les petits commerces de centre-ville?

TRANSPORTS Un ciné-débat a lieu vendredi soir autour de la mobilité...

Camille Allain

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Illustration d'une cycliste circulant sur le mail François Mitterrand, à Rennes.

Illustration d'une cycliste circulant sur le mail François Mitterrand, à Rennes. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

Les élus aiment à rappeler qu’il est « le premier centre commercial de Bretagne ». Mais nul n’ignore les difficultés des commerces du centre-ville de Rennes. Comme toutes les villes françaises ou presque, la capitale bretonne voit ses rues commerçantes souffrir, notamment face à la concurrence des grands centres commerciaux de périphérie. Après les manifestations qui ont impacté le chiffre d’affaires de nombreuses boutiques, la ville et l’Etat ont bien annoncé quelques mesures pour relancer l’attractivité. Mais il en faudra plus pour redresser la barre.

« De bons consommateurs »

Alors que les commerçants réclament toujours plus de stationnements et dénoncent les suppressions de places de parking, le spécialiste des transports Olivier Razemon tente de démontrer l’inverse. Le journaliste sera ce vendredi à Rennes pour débattre de la place du vélo dans la métropole. Selon lui, la bicyclette peut sauver le commerce de proximité. « Les cyclistes et les piétons sont de bons consommateurs. Ils privilégient les commerces de proximité et reviennent régulièrement », explique l’auteur des ouvrages « Comment la France a tué ses villes » et « Le pouvoir de la pédale ».

Pour appuyer ses propos, le collaborateur du journal Le Monde prend en exemple les villes « les plus cyclables ». « Regardez Strasbourg, Bordeaux ou Nantes. Elles font partie des villes les plus dynamiques. C’est la preuve qu’il y a une corrélation très nette. » Faut-il pour autant fermer l’accès aux automobiles et créer un grand centre-ville piétonnier ? « Ce n’est pas une solution miracle. Ce qu’il faut, ce sont des cheminements sécurisés, où les gens se sentent à l’aise. »

Les commerçants veulent du parking

A écouter les commerçants pourtant, c’est avant tout du stationnement qu’ils réclament. « No parking, no business », nous assurait récemment un porte-parole des commerçants rennais. Une étude menée à Rouen par l’anthropologue Sonia Lavadinho confirme ce raisonnement. Mais cette spécialiste de la mobilité a également interrogé les clients sur leurs attentes. Et leurs réponses sont bien différentes. « Ce que les habitants attendent, ce sont des espaces pour marcher, moins de bruit, et de la sécurité », abonde Olivier Razemon.

Pour tenter d’inciter les habitants à enfourcher leur vélo et à marcher, la ville de Rennes s’est engagée à passer 80 % de ses rues à 30 km/h d’ici 2020. « C’est la meilleure chose à faire pour limiter la notion de danger pour les usagers. » Car c’est là le frein principal à la marche et au vélo.

Projection de « Bikes VS cars » puis débat autour du thème « Pourquoi Rennes Métropole a besoin du vélo » ce vendredi à 19h45 à la maison des associations.