Bretagne: La filière bio n’a jamais attiré autant d’éleveurs

AGRICULTURE Le nombre de conversions a explosé depuis le début de l’année dans la région…

Jérôme Gicquel

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Nicolas Bouesnel gère un troupeau d'une cinquantaine de vaches à Miniac-Morvan en Ille-et-Vilaine.

Nicolas Bouesnel gère un troupeau d'une cinquantaine de vaches à Miniac-Morvan en Ille-et-Vilaine. — J. Gicquel / APEI / 20 Minutes

Portée par l’engouement des consommateurs pour des produits plus sains et locaux, la filière bio se développe en Bretagne. Au premier semestre 2016, 310 nouvelles fermes bio ont vu le jour dans la région. Un record historique en seulement six mois puisqu’on ne comptait que 229 installations et conversion bio en 2015 en Bretagne et 137 en 2014 selon l’Observatoire de la production bio qui détaillera ses résultats mercredi et jeudi au salon La terre est notre métier de Retiers.

C’est surtout la filière lait qui tire la dynamique dans la région avec une hausse de 25 % de fermes laitières bio depuis le début de l’année. Parmi les nouveaux convertis, Nicolas Bouesnel, installé à Miniac-Morvan près de Saint-Malo.

Les pesticides et les antibiotiques bannis

A la tête d’un cheptel de 45 vaches, l’éleveur n’a pour l’heure pas encore la certification bio qui lui sera remise en mai 2017. En attendant, Nicolas Bouesnel suit à la lettre le cahier des charges imposé pour produire bio. « Je n’utilise plus du tout de pesticide sur les terres. Et pour soigner les bêtes, l’homéopathie a remplacé les antibiotiques », indique l’éleveur, qui a eu le déclic de la conversion en 2009.

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« Il y a eu cette année-là une crise laitière, plus grave encore que celle de 2016. Je me suis alors dit qu’il fallait changer de modèle car on allait droit dans le mur », raconte-t-il.

Un retour « vers plus de nature »

Ce n’est que six ans plus tard qu’il se lance finalement dans l’aventure, désireux de « revenir à plus de nature » et de « retrouver un peu plus d’autonomie ». « Je ne me sens plus en accord avec le modèle industriel dans l’agriculture. Pour moi, c’est inconcevable que les vaches ne sortent pas dehors pour pâturer. Et puis on sait très bien que les produits chimiques qui sont utilisés dans les champs représentent un risque pour la santé », indique-t-il.

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Outre le facteur environnemental, Nicolas Bouesnel envisage aussi sa conversion au bio comme un challenge personnel. « Je continue à produire du lait mais différemment. C’est un peu comme si je repartais de zéro, cela permet de casser la routine qui s’était installée », assure l’éleveur.