Rennes: L’ancienne prison Jacques Cartier reprend du service

CINEMA Entièrement tourné à Rennes, le film « La Taularde » avec Sophie Marceau sort en salles ce mercredi…

Jérôme Gicquel

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Image de l'intérieur de la prison Jacques Cartier à Rennes.

Image de l'intérieur de la prison Jacques Cartier à Rennes. — Edouard Hue / Flickr.com

Entièrement vide depuis 2010 et le transfert des détenus vers le centre de Vezin-le-Coquet, l’ancienne prison Jacques Cartier à Rennes est toujours à vendre. En attendant un éventuel repreneur, l’ancien centre pénitentiaire a déjà trouvé sa reconversion dans le cinéma. Début 2015, les équipes de Rouge International et de Superprod ont pris possession des lieux pendant cinq semaines pour le tournage du film d’Audrey Estrougo La Taularde, qui sort dans les salles ce mercredi.

Dans ce long-métrage tourné entièrement dans l’ancienne prison Jacques Cartier, Sophie Marceau campe le rôle de Mathilde, une femme qui a pris la place de l’homme qu’elle aime en prison en lui permettant de s’évader. De la capitale bretonne, la célèbre actrice n’a d’ailleurs vu que la prison. « Un lieu très spectaculaire et très cinématographique », selon les équipes de production.

« On sentait l’omniprésence des détenus »

Pour l’actrice Eye Haïdara, qui joue le rôle de la codétenue de Sophie Marceau, le tournage dans une prison a été pour elle une expérience très étrange. « C’est assez surprenant quand on y entre pour la première fois. Elle a beau être vide, j’ai trouvé qu’il y avait quelque chose de vivant dans cette prison. On sentait l’omniprésence des détenus à travers notamment les messages qui sont restés gravés sur les murs. J’avais l’impression que quelqu’un pouvait surgir à tout moment », indique la jeune actrice.

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A travers son film, la réalisatrice Audrey Estrougo, à qui l’on doit également Une histoire banale ou Toi, moi, les autres, a voulu montrer la violence de l’univers carcéral féminin, peu souvent montrée au cinéma. « J’ai mené des ateliers à la prison de Fleury-Merogis et rencontré des détenues de la prison de Rennes. Je me suis inspiré de toutes leurs anecdotes pour le film », raconte la réalisatrice, très marqué par sa première visite dans une prison. « Il n’y a pas de lumière naturelle, c’est très bruyant. On en vient à perdre la notion du temps », indique Audrey Estrougo, qui se montre aussi très critique vis-à-vis du fonctionnement du monde carcéral. « Les prisons sont des lieux conçus pour broyer les détenus. »