EN IMAGES. Archéologie : Des fouilles montrent le visage de Rennes il y a 2.000 ans

ARCHEOLOGIE Des archéologues ont retrouvé des traces anciennes de civilisation…

Camille Allain

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Le chantier de fouilles de l'Hôtel Dieu à Rennes, où les archéologues ont trouvé des traces de civilisation du Ier siècle. Lancer le diaporama

Le chantier de fouilles de l'Hôtel Dieu à Rennes, où les archéologues ont trouvé des traces de civilisation du Ier siècle. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

Les archéologues n’ont eu besoin d’enlever que deux petits mètres de terre pour faire un bond de 2.000 ans en arrière. A deux pas de la place Sainte-Anne, l’ancien Hôtel-Dieu, en partie démoli pour laisser place à 200 logements, cachait sous ses fondations les traces les plus anciennes de construction de Rennes, que l’on appelait alors Condate.

Un bond de 2000 ans en arrière qui nous emmène au Ier siècle. « Nous sommes à quelques dizaines de mètres du Forum, le point de naissance de la ville qui se situe sous l’actuelle place Sainte-Anne. A cette époque, Rennes faisait 80 hectares. C’était la deuxième plus grande ville de Bretagne après Carhaix », explique Yves Menez, conservateur régional de l’archéologie.

Installés depuis le mois de mai sur cet immense terrain de jeu de 7.500 mètres carrés, les archéologues ont notamment découvert des vestiges de rues faites de galets et portant des marques de chariots, mais aussi les traces d’un grand bâtiment public datant du Ier siècle. « On pense à des thermes ou à un sanctuaire. A cette époque, la ville était dynamique et elle s’étendait vers le nord », estime Romuald Ferrette, de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP).

Plus de 300 corps enterrés

Au IIIe et IVe siècle, ces bâtiments seront tous déconstruits. « Il n’y avait pas de pierre dans la région. On démontait les murs des bâtiments qui ne servaient pas pour reconstruire ailleurs. Nous avons même retrouvé du tuffeau importé du val de Loire », poursuit l’archéologue. Désertée, la zone résidentielle s’est alors transformée en sanctuaire. Près de cent corps ont déjà été mis au jour par les scientifiques et au moins 200 autres sont encore sous terre.

Le chantier ouvert au public !

A l’occasion des Journées du patrimoine, l’INRAP ouvrira au public les portes de son chantier de fouilles samedi 17 et dimanche 18 septembre. Des visites guidées seront proposées tout le week-end. Entrée libre.