Bretagne: A Brennilis, le démantèlement de la centrale nucléaire s’éternise

NUCLEAIRE EDF a demandé un délai de deux ans supplémentaires…

Camille Allain

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L'entrée du site de Lannilis, qui abrite la centrale nucléaire d'EDF, fermée en 1985 mais toujours en cours de démantèlement.

L'entrée du site de Lannilis, qui abrite la centrale nucléaire d'EDF, fermée en 1985 mais toujours en cours de démantèlement. — F. Lepage / SIPA

Inaugurée en 1966 et fermée en 1985, la centrale nucléaire de Brennilis (Finistère) n’aura pas tourné longtemps. Son démantèlement, par contre, semble s’éterniser. Entamé en 1997, le chantier a plusieurs fois été stoppé, notamment quand le conseil d’Etat a annulé l’autorisation de démantèlement complet il y a dix ans. Lancé dans une opération de démantèlement partiel, EDF vient de demander un délai de deux ans supplémentaires pour traiter les échangeurs de chaleur et la station de traitement des effluents liquides.

« Une cadence réaliste »

Valable pour cinq ans, le décret autorisant ces travaux prend fin le 31 juillet. EDF a donc sollicité un délai, actuellement étudié par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). « Le prolongement permettra de terminer la démolition de la station de traitement des effluents, à une cadence réaliste, de conditionner et d’évacuer l’ensemble des déchets, de replier les zones de chantier, d’assainir les sols et de réaliser les contrôles radiologiques finaux », assure la direction de la centrale.

L’incendie généré par les étincelles d’une scie circulaire à l’automne dernier a également retardé le chantier. « Nous avons identifié des insuffisances sur la prise en compte du risque d’incendie », explique Guillaume Bouy, chef de division à l’ASN en charge du dossier.

Encore au moins 15 ans

Pour le démantèlement du bloc réacteur qui concentre 90 % de la radioactivité résiduelle, il faudra attendre. « La filière de gestion des déchets n’était pas prête pour un démantèlement complet. Elle est en train de s’organiser », explique Guillaume Bouy. Le dossier est en cours de préparation chez EDF. Il sera remis aux autorités compétentes « en 2018, après la mise en service de l’installation d’entreposage de certains déchets issus de la déconstruction », selon EDF.

Il faudra environ trois ans à l’Etat pour étudier le dossier. Une fois l’autorisation délivrée, il faudra environ dix ans à EDF pour achever le démantèlement complet. Et rendre, enfin, le site des monts d’Arrée à la nature.