A Villejean, des chaises ont été balancées sur les rails du métro de Rennes le 29 mars 2016 en marge d'une manifestation contre la loi Travail.
A Villejean, des chaises ont été balancées sur les rails du métro de Rennes le 29 mars 2016 en marge d'une manifestation contre la loi Travail. - C. Allain / APEI / 20 Minutes

Sur une vidéo captée par un étudiant, on peut voir des étudiants balancer des chaises par-dessus les grilles de sécurité barrant l’accès aux rails du métro de Rennes. Et quelques secondes après, un arc électrique s’échapper, quand une rame vient percuter le mobilier. L’action menée par une centaine d’étudiants de l’université Rennes 2 opposés à la loi Travail de Myriam El Khomri a semé une belle pagaille, provoquant l’interruption du trafic pendant trois heures trente.

Non loin du lieu de l’incident, des étudiants s’expliquent. « Ce n’est pas ce qui était prévu. Nous voulions simplement bloquer la circulation du métro pendant trente minutes. C’était symbolique, ça ne devait perturber personne. Nous sommes embêtés par ce qui s’est passé », expliquent-ils. Les étudiants précisent par ailleurs que l’action « n’est pas l’œuvre de casseurs » mais qu’elle avait été « décidée en comité ».

Selon eux, Keolis aurait été prévenu de l’action mais n’aurait pas stoppé le trafic. Une affirmation démentie par l’exploitant du réseau.

Sur les réseaux sociaux, l’action a été très commentée, et surtout très critiquée. L’affaire devrait d’ailleurs donner lieu à une enquête de police, Keolis ayant annoncé vouloir porter plainte après l’incident. « Nous regardons actuellement toutes les vidéos issues du métro et des bus qui circulaient aux alentours pour tenter de retrouver les auteurs de ces faits », assure Laurent Senigou, directeur de Keolis, exploitant du réseau Star.

« Il y a eu beaucoup d’impacts »

Côté matériel, il semblerait que le pire ait été évité. Les deux rames ayant percuté les chaises ont été emmenées au garage atelier pour être inspectées par des experts. Elles seront immobilisées plusieurs jours à plusieurs semaines. « Il y a eu beaucoup d’impacts sous la rame mais la plupart des équipements ont été épargnés », explique Denis Bereiziat, expert sécurité à Keolis. L’une des rames, qui a mis une vingtaine de mètres à s’arrêter, pourrait être endommagée à l’avant. « C’est l’impact sur cette pièce de fonderie qui a provoqué l’arc électrique », poursuit l’expert.

Des chaises ont été balancées sur les rails du métro de Rennes le 29 mars 2016 en marge d'une manifestation contre la loi Travail.
Des chaises ont été balancées sur les rails du métro de Rennes le 29 mars 2016 en marge d'une manifestation contre la loi Travail. - C. Allain / APEI / 20 Minutes

Les collectivités ont également fait part de leur mécontentement. Dans un communiqué, le président de Rennes 2 Olivier David a « condamné fermement les actes de vandalisme ». Emmanuel Couet, président de Rennes Métropole, a qualifié ces actes « d’agissements d’individus irresponsables », précisant « qu’aucune cause ni mouvement social ne sauraient justifier de tels débordements ».

Pas de manifestation en centre-ville jeudi ?

Dans un communiqué, la maire de Rennes a également fait savoir qu’elle avait demandé au Préfet de définir, avec les organisateurs de manifestations, « des parcours et lieux de rassemblements qui permettent, le cas échéant, de sécuriser les défilés ». Nathalie Appéré avait déjà lancé un appel en ce sens vendredi dernier après de nouveaux débordements en marge d’une manifestation étudiante. La journée de grève du 31 mars s’annonce tendue à Rennes.

 

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