Rennes: L’incroyable destin des tapisseries du Parlement de Bretagne

PATRIMOINE Les œuvres sont exposées jusqu'au 7 mai au musée des Beaux-Arts…

Jérôme Gicquel

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Les tapisseries rescapées sont exposées jusqu'en mai au musée des Beaux-Arts de Rennes.

Les tapisseries rescapées sont exposées jusqu'en mai au musée des Beaux-Arts de Rennes. — J. Gicquel / APEI / 20 Minutes

Les célèbres tapisseries du Parlement de Bretagne sont de retour à Rennes. Ou tout du moins une partie d’entre elles qui sont exposées jusqu’au 7 mai au musée des Beaux-Arts. Avant de revenir au bercail, les œuvres ont connu « une histoire un peu rocambolesque », selon Guillaume Kazerouni, commissaire général de l’exposition Les Tentures du Parlement de Bretagne.

Tout remonte à la fin du XIXe siècle. A cette époque, l’architecte Jean-Marie Laloy décide de compléter les décors datant du XVIIe siècle qui ornent l’actuelle Cour d’appel de Rennes. C’est la Manufacture des Gobelins à Paris qui est chargée de la commande de vingt tapisseries monumentales représentant l’histoire de la Bretagne. Tissées entre 1897 et 1924, les tapisseries trouvent alors leur place dans la Grand’Chambre et la Première Chambre Civile du Palais de Justice.

Sauvées des flammes en 1994, détruites par un incendie en 1997

L’histoire se déroule sans accroc jusqu’en février 1994, une date sombre dans l’histoire de la ville. Dans la nuit du 4 au 5 février, le Parlement de Bretagne est ravagé par un incendie à la suite d’une manifestation des marins pêcheurs qui a dégénéré quelques heures plus tôt en ville. Sauvées in extremis des flammes, les tapisseries n’échappent pas en revanche à l’eau, à la poussière et à la suie. Pour se refaire une beauté, elles prennent alors la direction de deux ateliers de restauration en région parisienne.

Le mauvais sort s’acharne sur ces tapisseries puisque l’un des ateliers, Bobin Tradition, est détruit par un incendie en 1997. « La moitié des tapisseries est partie en fumée ce jour-là », raconte Guillaume Kazerouni. Les œuvres rescapées prendront ensuite la direction du Mobilier National où elles tomberont progressivement dans l’oubli, rangées dans des cartons. Il aura finalement fallu attendre près de vingt ans pour que ces tapisseries retrouvent la lumière.