Rennes: La mission sur les gorilles se raconte en dessins

PLANETE Daniel Alexandre a suivi pendant deux mois le travail de scientifiques au Congo-Brazzaville…

Jérôme Gicquel

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Daniel Alexandre, alias A. Dan, a passé deux mois aux côtés de chercheurs au Congo.

Daniel Alexandre, alias A. Dan, a passé deux mois aux côtés de chercheurs au Congo. — J. Gicquel / APEI / 20 Minutes

Vulgariser le travail de scientifiques à travers la bande dessinée. Voilà la mission confiée au dessinateur Daniel Alexandre, alias A.Dan, qui a suivi pendant deux mois en 2014 une équipe de chercheurs de l’université de Rennes 1 et du CNRS, au fin fond de la forêt équatoriale congolaise. Leur mission : observer des populations de gorilles et ainsi mieux connaître cette espèce menacée de disparition.

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Le crayon ou le pinceau à la main, Daniel Alexandre a observé minutieusement cette virée scientifique pour en tirer un carnet de voyage et une exposition, « Des gorilles et des hommes », présentée jusqu’au 29 avril au Diapason.

« Pendant ces deux mois, j’étais un peu comme une petite souris dans une poche. J’observais des observateurs en prenant soin bien sûr de ne pas perturber leur travail », précise le dessinateur.

L’art de disséquer une crotte de gorille

Passionné très jeune par les missions du commandant Cousteau, Daniel Alexandre aurait pu lui-même devenir scientifique mais le virus du dessin a finalement pris le dessus. « J’ai toujours voulu faire une BD reportage dans le domaine scientifique et montrer le travail de ces « savanturiers ». Ils ont une capacité à faire rêver les gens qu’ils ne soupçonnent même pas », souligne le dessinateur.

L’opportunité se présentant, Daniel Alexandre n’a donc pas hésité une seule seconde à se lancer dans l’aventure, croquant les scientifiques dans leur quotidien. « J’ai trouvé par exemple de la poésie en les voyant disséquer des crottes de gorille », sourit-il.

Une bande dessinée en projet sur le braconnage et la sorcellerie

Une démarche qui a séduit Pascaline Le Gouar, maître de conférences à l’université Rennes I qui participe à la mission scientifique. « C’est toujours surprenant de voir notre travail reproduit en dessins. Disséquer une crotte ou manier des tubes, cela n’a rien de poétique pour nous. C’est juste notre quotidien. Mais Daniel Alexandre a réussi à bien le retranscrire », souligne la chercheuse.

Riche de cette expérience, le dessinateur ne compte pas s’arrêter là. Dans les cartons, il a déjà un projet de bande dessinée où il sera question « de braconnage et de sorcellerie ».