Un fonctionnaire de police pénètre dans les locaux du laboratoire Biotrial, à Rennes, le 16 janvier 2016 dans le cadre d'une enquête après un essai thérapeutique qui a mal tourné.
Un fonctionnaire de police pénètre dans les locaux du laboratoire Biotrial, à Rennes, le 16 janvier 2016 dans le cadre d'une enquête après un essai thérapeutique qui a mal tourné. - MATHIEU PATTIER/SIPA

On en sait désormais un peu plus sur l’essai thérapeutique qui a tourné au drame il y a deux semaines au sein du laboratoire Biotrial à Rennes avec le décès d’un homme de 49 ans. Comme Marisol Touraine l’avait annoncé lors de sa venue le 15 janvier, l’Agence du médicament a publié mercredi soir une chronologie détaillée de l’essai clinique d’une molécule du laboratoire portugais Bia.

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S’ils ne suffisent pas à expliquer l’accident qui fait l’objet d’enquêtes tant au niveau judiciaire que sanitaire, les documents pointent tout de même du doigt la responsabilité du laboratoire Biotrial qui a trop tardé à arrêter l’essai et à déclencher l’alerte.

Marisol Touraine charge le laboratoire Biotrial

L’agence du médicament souligne avoir été informée le jeudi 14 janvier de la « survenue d’effets indésirables graves » à savoir l’aggravation (coma) de l’état du patient par la suite décédé. « Une alerte plus rapide aurait été appréciée », avait alors déclaré la ministre de la Santé Marisol Touraine informée ce même jour, soit quatre jours après la première hospitalisation.

« Face à un événement aussi grave, on attendait du laboratoire qu’il se manifeste plus rapidement auprès des autorités sanitaires », avait-elle insisté.

Les premiers symptômes apparaissent dès le 10 janvier

Le dimanche 10 janvier 2016, au 5e jour d’administration à huit volontaires d’une dose de 50 mg de la molécule testée, apparaissent des symptômes chez l’un d’eux, qui est hospitalisé le soir même. Le lundi 11 janvier, les sept autres volontaires reçoivent la 6e dose de traitement expérimental le matin. L’état du volontaire hospitalisé s’aggrave (coma).

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L’essai clinique, en accord avec le laboratoire portugais et le centre rennais Biotrial, est alors interrompu. Toujours selon cette chronologie, cinq de ces volontaires ont été hospitalisés entre le mercredi 13 et le vendredi 15 janvier, date où l’affaire a été rendue publique. L’essai clinique avait débuté le 9 juillet 2015 sur une série d’autres volontaires, sans incident signalé, relève l’ANSM.

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