Eleveur à Loudéac, Olivier Etienne a pris la parole ce jeudi à Plérin pour évoquer la crise de la filière porcine jeudi 14 janvier à Plérin, dans les Côtes d'Armor.
Eleveur à Loudéac, Olivier Etienne a pris la parole ce jeudi à Plérin pour évoquer la crise de la filière porcine jeudi 14 janvier à Plérin, dans les Côtes d'Armor. - J. Gicquel / APEI / 20 Minutes

Plusieurs centaines de producteurs de porcs venus de toute la Bretagne se sont rassemblés ce jeudi matin dans la chambre d’agriculture des Côtes d’Armor à Plérin. Peu d’entre eux ont en revanche revêtu le bonnet rose, du nom de leur mouvement lancé il y a quelques jours « pour sauver l’élevage français ».

« Il ne restera plus grand monde debout »

Hormis ce détail vestimentaire, la colère est quant à elle bien palpable chez les éleveurs. « Le monde agricole est en crise. Il faut que les éleveurs reprennent les choses en main pour espérer un avenir plus rose. Sinon dans quelques semaines, il ne restera plus grand monde debout », se désole Valy, éleveur de porcs et membre du collectif des bonnets roses.

Parmi leurs revendications, les éleveurs bretons réclament notamment une meilleure valorisation de la viande française sur les étals des supermarchés. « Ce n’est pas acceptable d’être arrosé de viande étrangère qui ne respecte pas les normes. On trompe le consommateur », s’agace Bertrand, éleveur dans la région de Saint-Brieuc.

Les bonnets roses exigent également d’être reçus « le plus rapidement possible » par le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll pour lui demander de signer un décret rendant obligatoire la mention d’origine des viandes sur les produits transformés.

« On n’a pas enfilé le bonnet pour les sports d’hiver »

Dans le viseur des éleveurs aussi, les entreprises de salaison « qui ne jouent pas toutes le jeu du made in France ». « Il faut arrêter de se focaliser sur l’export et nous recentrer sur le marché français. C’est le seul qui nous fera regagner du prix. Car ce ne sont pas des aides que nous voulons mais du prix », souligne Olivier Etienne, producteur à Loudéac dans les Côtes d’Armor.

Si les revendications adressées au Gouvernement n’aboutissaient pas, les bonnets roses promettent d’ores et déjà « des actions fortes ». « Ça risque d’être chaud. On n’a pas enfilé les bonnets pour les sports d’hiver », ironise Bertrand.

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Une réunion avec les organisations professionnelles est par ailleurs à l’ordre du jour ce jeudi après-midi et elle s’annonce déjà houleuse. « On réclame que les responsables de nos filières qui sont incompétents démissionnent », assure Bertrand, bien décidé à « ne rien lâcher ».

Un plan de réorganisation de la production ainsi qu’un plan d’actions pour retrouver un meilleur cours pour la viande de porc doivent également être discutés à cette occasion.

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