Guirec et sa poule Monique vont naviguer jusqu’au Groenland

AVENTURE Ce Breton va passer l’hiver au pôle Nord pour se faire emprisonner dans les glaces…

Camille Allain

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Guirec et sa poule Monique observent les dauphins qui accompagnent le bateau Yvinec dans l'Atlantique.

Guirec et sa poule Monique observent les dauphins qui accompagnent le bateau Yvinec dans l'Atlantique. — Guirec Soudée

Guirec n’est pas un homme comme les autres. Agé de 23 ans, ce Breton est un aventurier, un vrai, doté du grain de folie qui fait la marque des grands explorateurs. Dimanche, le jeune homme quittera le soleil du port de Saint-Barthélémy aux Antilles pour mettre cap sur le grand Nord.

D’ordinaire solitaire, Guirec ne sera pourtant pas l’unique passager à bord d'Yvinec, son petit voilier en acier. Depuis un an et demi, le navigateur embarque avec lui sa poule Monique, qui l’accompagnera au Groenland. « Nous allons d’abord passer deux mois dans une tribu inuit pour apprendre leurs techniques de chasse et de pêche. Ensuite, nous remonterons encore plus au nord pour nous laisser emprisonner par les glaces pendant huit mois», détaille Guirec Soudée.

Voyager avec une poule, cela faisait un moment que le jeune Breton y pensait. « Au départ, j’avais pensé à un chien, mais au Groenland, il aurait effrayé les ours polaires. Moi, je veux les voir de près, de très près ». Guirec a donc opté pour une poule, baptisée Monique, qu’on lui a offert lors d’une escale aux Canaries. « Je suis parti de Bretagne seul car on m’avait déconseillé d’emmener une poule. Tout le monde me disait qu’elle ne donnerait pas d’œufs et qu’elle ne survivrait pas ». Monique effectuera la traversée de l’Atlantique sans encombre et lui offrira même 25 œufs en 28 jours. Une histoire d’amour était née.

Monique à la plage, Monique fait du surf...

Depuis, le couple est inséparable. Monique peut ainsi se vanter d’avoir été l’une des seules poules au monde à pratiquer le surf, la planche à voile et le stand-up paddle. Au Groenland pourtant, le climat sera bien différent. « Cet hiver, elle ne sortira pas du bateau. Elle restera près du chauffage ». Guirec, qui s’est fait prêter tout le matériel par l’aventurier Nicolas Vanier, partira chasser et plonger sous la glace pour pouvoir manger. « Je pars sans moyen de communication. Je veux tester ce mode de vie, c’est un rêve de gosse », explique-t-il.

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Un destin qui fait étrangement penser à celui de Christopher, héros du livre et du film Into the Wild. « C’est ce qu’on me dit souvent. Mais j’espère que ça se finira mieux [le héros meurt]. Je ne suis pas fou. Je vois ce voyage comme des études supérieures. Mon école, c’est mon bateau », poursuit Guirec, qui a arrêté sa scolarité à l’âge de 18 ans.

Né à Tours, le jeune homme a pris goût à l’aventure quand il s’est installé avec son père sur l’île d’Yvinec, au large des Côtes d’Armor, où il a passé son enfance. « On avait un champ de patates et j’allais remonter les casiers à homards et pêcher le bar ou le maquereau. Cette idée de vivre en autarcie, ça me plaît ». Au Groenland, Guirec espère juste remplacer les patates par des œufs.