Céline et Marianna n’ont pas froid aux yeux. Ces deux jeunes chercheuses de l’université Rennes-I sont parties quatre mois et demi au Congo, à plus de 6 000 kms de la station biologique de Paimpont où elles sont d’ordinaire installées. Quatre mois et demi passés en tente, au beau milieu de la forêt du parc d’Odzala-Kokoua avec pour seul passe-temps l’observation de deux colonies de gorilles.

Un coin perdu à sept heures de pirogue du village le plus proche, sans eau courante, ni électricité. «Chaque matin, on se levait vers 5 h 30. On marchait une heure en silence dans la forêt pour rejoindre les miradors d’observation. On passait toute la journée là-bas à regarder les gorilles pour tenter de les identifier», raconte Céline Genton, chercheuse à Rennes-I

Surveiller le virus ebola

Après dix heures d’observation, les deux scientifiques descendaient alors de leur perchoir pour suivre les traces des gorilles et récolter leurs crottes. «Elles seront analysées en laboratoire. Cela nous permet d’estimer la fécondité des colonies, leur génétique et de connaître les mouvements au sein des groupes», détaille Pascaline Le Gouar, scientifique qui pilote le projet à Paimpont.

A force de côtoyer les primates au quotidien, les deux jeunes femmes ont même eu la surprise d’en croiser un, à quelques mètres d’elle. «C’est une sacrée expérience. Mais les gorilles ne sont pas agressifs, ils essaient surtout d’impressionner. Ils finissent par partir si on reste calme», raconte Marianna Boros, stagiaire à Rennes-I.

De retour en France fin mai, les deux jeunes femmes travaillent maintenant sur l’analyse des prélèvements collectés. «La particularité, c’est que l’une des colonies que nous étudions a été décimée par le virus ebola il y a quelques années. Ce qui est exceptionnel, c’est que possédions déjà des données sur ce groupe de gorilles avant l’arrivée du virus. Avec ces nouveaux éléments, on espère mieux comprendre ce qui a sauvé les individus restants», poursuit Céline Genton. La jeune femme, qui fêtait son cinquième voyage au Congo, espère déjà repartir.

Une BD scientifique
Pendant un mois, l’équipe de chercheurs était accompagnée de Daniel Alexandre, alias A Dan, venu dessiner les gorilles. L’auteur de BD espère ainsi vulgariser la science auprès du grand public.

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