Les proches des détenues à l'abri

Prison Déjà mise en place chez les hommes, une maison des familles sera construite chez les femmes

Camille Allain

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A Vezin, les bénévoles de Ti Tomm accueillent les proches des détenus.

A Vezin, les bénévoles de Ti Tomm accueillent les proches des détenus. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

«A l'époque, les familles attendaient dans la rue. La plupart restait dans leur voiture et se cachait. Personne ne se parlait. » Membre fondateur de la maison des familles de la prison Jacques-Cartier, Xavier se souvient des années 1990, époque où les proches des détenus attendaient dehors avant d'aller au parloir. « Les gens étaient sur le trottoir, avec l'impression d'être catalogués », poursuit le bénévole. En 1999, la prison des hommes s'est donc équipée d'un bâtiment pour recevoir les familles, avant d'emménager à Vezin en 2010, en même temps que les détenus. Quinze ans plus tard, la prison des femmes s'apprête elle aussi à avoir sa maison des familles. « Aujourd'hui, il n'y a qu'une petite salle très froide et limite insalubre. C'est mieux que rien mais c'est limite », poursuit Xavier. L'administration pénitentiaire s'est donc décidée à investir et la future maison verra le jour début 2014.

Lieu d'accueil et d'écoute


Comme à Vezin, la gestion des lieux a été confiée à l'association Brin de Soleil, qui attend de nouveaux bénévoles (lire encadré). « Nous avons un rôle d'accueil, surtout pour les familles qui viennent au parloir pour la première fois. Elles sont perdues », explique Sandrine Cadren, coordinatrice de l'association. Les familles découvrent un monde aux règles strictes : réservation du parloir impérative, versement d'argent réglementé... « Nous sommes aussi là pour écouter. Les rencontres ne se passent pas toujours bien », glisse Françoise, bénévole au sein de la maison Ti Tomm. Située en face de la prison de Vezin, elle accueille en moyenne 300 personnes par jour. La mission s'annonce bien différente du côté de la prison des femmes, où les parloirs sont beaucoup moins nombreux. « On en compte un peu plus de 250 par mois », poursuit Sandrine Cadren. Un tiers des détenues ne reçoit aucune visite dans l'année. « Bien souvent, les familles ne pardonnent pas à un femme. J'espère que cette maison incitera les proches à venir plus souvent », conclut une bénévole.

■ Bénévoles attendus

Brin de Soleil regroupe environ 120 bénévoles. L'association souhaite en recruter 40 de plus pour gérer la nouvelle maison. Contact par téléphone au 09 65 17 87 61 ou via le site www.brindesoleil-rennes.fr.

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