Elles combattent les clichés

Prisons Des associations décrivent le milieu carcéral aux lycéens

Camille Allain

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«Il faut lever les tabous, car la thématique de la prison fait encore peur. » Membre de l'association Brin de soleil, Caroline Chantrel accompagne les détenus et leurs familles au quotidien. Avec un collectif d'associations rennaises, elle veut profiter des journées nationales des prisons pour changer l'image du milieu carcéral. Notamment chez les jeunes, qu'elle rencontre cette semaine dans les lycées. « A cet âge, ils se posent pas mal de questions. Mais leur vision est moins stéréotypée que celle des adultes, en partie grâce aux reportages télévisés, souvent plus réalistes que les séries américaines », explique-t-elle.

Uniformes et parloirs
Certains préjugés ont tout de même la vie dure. « Les gens voient la prison comme une punition, pas comme un moyen de réinsertion. Ils sont souvent choqués d'apprendre que les détenus ont la télé, ou qu'ils sont autorisés à une promenade quotidienne. Ils s'imaginent des parloirs derrière des vitres avec des téléphones et des détenus en uniforme », résume Marine Boudier, directrice d'Enjeux d'enfants, association de soutien aux familles.
A Rennes, la présence de l'établissement pour femmes en centre-ville semble pourtant atténuer cette méconnaissance. « Une bonne partie des Rennais est habituée à vivre avec. Certains passent devant depuis des années en se demandant ce qu'il y a derrière les murs », souligne Marine Boudier. Sans penser qu'un jour, eux-aussi pourraient y être confrontés. « L'enfermement peut toucher n'importer qui et c'est important de le faire savoir. Il faut aussi montrer l'incidence que cela peut avoir sur l'entourage d'un détenu », explique Caroline Chantrel.

« Quelque chose à taire »
Faire connaître le milieu carcéral est également l'un des objectifs de Richard Bauer, directeur du centre pénitentiaire de Vezin. « Trop longtemps, les prisons ont été considérées comme quelque chose à taire. Il faut que les choses qui se passent à l'intérieur soient connues », explique-t-il. L'organisation récemment d'ateliers de cuisine lors de la Semaine du goût ou de jobs dating pour aider à la réinsertion témoignent de cette volonté. « C'est notre rôle d'être ouvert sur la ville », conclut le directeur.

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