Arnaud Montebourg, les raisons du succès

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Publié le 10 octobre 2011.

POLITIQUE - Son joli score peut s'expliquer par plusieurs raisons...

Un butin de plus de 400.000 voix, soit 17% des votants  au premier tour des primaires socialistes. «Un succès pour Arnaud», commente Géraud Guibert le porte-parole du nouveau troisième homme. «On savait qu’on allait passer devant Royal, on avait bien senti sur le terrain que ses thèses ne passaient plus. Mais on ne s’attendait pas un tel score, si proche d’Aubry», savourait-il dimanche soir.

Un score qui n’était pas prévisible dans cette ampleur mais qui est loin d’être le fruit du hasard. Car du côté d’Arnaud Montebourg, on a passé la surmultipliée depuis La Rochelle. Toujours plus de déplacements, toujours plus de stand-up parapluie, toujours plus de mobilisation des réseaux de volontaires, sur le terrain numérique ou bien réel. Et une présence accrue dans les médias, à mesure que son discours se faisait plus ferme: contre Manuel Valls, Martine Aubry ou François Hollande.   

Dans le camp d’Aubry, on reconnait «l’excellente campagne d’Arnaud» à la fois sur la forme et sur le fond. «Il a su dégager un ou deux thèmes porteurs et son côté flamboyant, ça marche à la télé, ça a été un déclic», embraye ce cadre. «C’est Montebourg qui a réellement profité des débats: pendant les émissions, il tranchait très clairement par rapport aux autres», juge Rémi Lefebvre, politologue à Lille.

«Les vases communicants» 

Pour lui, le chantre de la démondialisation a profité de deux éléments essentiels: «l’énorme espace politique à gauche» et «la conjoncture. «Il y a une aspiration à la radicalité dans l’électorat de gauche que n’a pas su capter Benoît Hamon [le représentant de l’aile gauche] puisqu’il n’était pas candidat et rangé derrière Martine Aubry», analyse le politologue. Et c’est Montebourg qui a su séduire ces électeurs qui peuvent être par ailleurs assez éloignés du PS, du Front de gauche par exemple. Par ailleurs, ses thèmes de campagne, la démondialisation, le protectionnisme européen «ont trouvé un écho dans la société française», estime Géraud Guibert. «Il était en phase avec l’actualité. Il est apparu dans le cours de l’histoire», complète Rémi Lefebvre.

Il a aussi profité de l’effondrement de Ségolène Royal. «Ce sont les vases communicants», commente-t-on dans l’entourage d’Hollande.  Alors qu’elle tenait un discours plutôt similaire à celui d’Arnaud Montebourg, elle n’a pas convaincu. «Elle n’était pas crédible sur sa radicalité économique, elle était démonétisée», assure Rémi Lefebvre. Montebourg doit désormais négocier au mieux l’entre-deux tours, éviter les chausse-trappes des tractations de couloirs pas très VIe République, pour rester monétisé.  

Maud Pierron
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