Primaires PS: Prudence au QG de Hollande

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Publié le 10 octobre 2011.

POLITIQUE - Reportage avec les partisans du député de Corrèze...

A 22h15, le «candidat normal» est entré dans son QG sous les acclamations et mitraillé par les photographes. «Je veux féliciter les électeurs pour le choix qu’ils ont fait en me plaçant en tête, ce qui me conduit à un appel au rassemblement dans un esprit de respect et de cohérence», déclare François Hollande qui a un petit mot pour Arnaud Montebourg qui «a su intéresser» et Ségolène Royal «dont nombre d’idées sont déjà partagées».

Deux appels du pied avant une semaine cruciale. Un peu plus de 3 heures plus tôt, les bureaux de vote viennent de se vider dans toute la France. Les salons cossus de la maison de l’Amérique latine se remplissent peu à peu et les rumeurs bruissent sous les boiseries. «Il est entre 7 et 10 points devant Aubry, Montebourg est à 18% et Ségolène s’effondre», glisse un membre de l’équipe de campagne de François Hollande qui a demandé à ses partisans de faire remonter les résultats de 50 bureaux-tests.

Ne pas tomber dans les tractations

Certains annoncent un écart de plus de 20 points. «Après tout, si on a plus de 15 points d’avance, pourquoi celui arrivé en deuxième ne se désisterait pas?», ose un député hollandais. Une hypothèse qui part en fumée au fur et à mesure que le dépouillement avance. Pendant que François Hollande analyse les résultats à son domicile avec sa garde rapprochée, quelques people, comme l’homme de théâtre Jean-Michel Ribes, et des proches, Julien Dray et Aurélie Filippetti, font leur entrée en se faufilant entre les caméras et les dizaines de curieux.

«Dans ma circonscription, il y a 15% du corps électoral qui a participé à ce premier tour. Je n’aurais jamais imaginé ça», raconte le député de Paris Jean-Marie Le Guen qui se projette déjà dans la semaine de tous les dangers. «Ne donnons surtout pas l’image d’un combat de la gauche contre la gauche. Si les éliminés doivent donner des consignes, qu’ils le fassent avec leur cœur. » Au centre des conversations l’effondrement de Ségolène Royal et la place d’arbitre de Montebourg dont les 17% d'électeurs vont peser lourd dans une semaine. «Pas de triomphalisme et surtout pas de tractations. Ne transformons pas le semaine en un conclave de congrès PS», demande le député européen Vincent Peillon.

Après sa déclaration, François Hollande s'est enfermé dans une pièce avec quelques fidèles. Sans doute pour réfléchir à la façon de rassembler le maximum d'électeurs. A leur sortie, Stéphane Le Foll et Pierre Moscovici ont donné des premières indications sur le sujet. «Il y a un dernier coup de rein à donner. Et nous allons le faire. L'idée est de rassembler. Nous avons neuf points d'avance. A nous de jouer», a dit le premier. Le second a quant à lui repoussé la perspective de «tractations». «Nous ne sommes pas dans un congrès», a-t-il conclu.

Matthieu Goar
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