«Enfin on va voir les réelles différences», «C’est le premier grand moment de la campagne»... Hier, dans l’entourage des candidats, l’ambiance était à la veille de match. Et si aucun des six prétendants n’a annulé ses déplacements, tous ont préparé avec minutie les deux heures d’émission. Depuis lundi, les notes techniques et petites fiches se sont accumulées sur les bureaux.
«Une équipe de chercheurs alimentent le candidat en axant cette semaine sur le contexte économique», explique un proche de Manuel Valls, le maire d’Evry. L’émission ayant pour thème principal la crise, les candidats potassent les finances publiques, révisent les chiffres. «François [Hollande] est très friand de fiches. Il les consulte dans l’avion, le train... même sur sa moto», plaisante le député Bruno Le Roux. Un travail mené jusqu’au dernier moment en équipe.
Hier soir, Ségolène Royal devait encore parler à ses proches collaborateurs. «Elle aime nous écouter. Après, il est hors de question de lui enlever sa liberté d’expression. Il est nécessaire de garder une part de spontanéité», analyse Guillaume Garot, porte-parole de la candidate. Et dans ce contexte économique grave, saturé de données, les différents candidats sont attentifs à la forme de leur prise de parole. Etre précis, clair, sans être ennuyeux.
«Ne pas diriger ses attaques contre l'un ou l'autre»
«Les plus beaux discours improvisés sont ceux que l’on a le plus travaillés», rappelle Aquilino Morelle, directeur de campagne d’Arnaud Montebourg. Le chantre de la démondialisation, grand débatteur, s’est pourtant astreint à quelques séances de média training cette semaine dans une salle de l’Assemblée. Histoire de trouver le ton juste, de contredire sans agresser... «Il faut montrer ses différences, mais ne surtout pas diriger ses attaques contre l’un ou l’autre en fonction des sondages. Plutôt s’appuyer sur les arguments des autres pour les renverser, comme au judo», précise Olivier Dussopt, porte-parole de Martine Aubry.
Avant d’entrer sur le tatami, chacun a, en tout cas, pu garder un dernier petit secret. Les candidats s’étaient en effet mis d’accord pour ne pas se divulguer le thème libre sur lequel ils doivent s’exprimer. Seuls Hollande et Jean-Michel Baylet ont rompu le pacte. La tête farcie, certains n’ont pas oublié les jambes. «Ma préparation? Des jogging et quelques séances de boxe», sourit Manuel Valls, qui pratique le noble art.